Bourse : l’environnement, nouveau levier de croissance

Publié le 11 Juin 2021

horloge Lecture de 5 min.

Rédigé par Julie François

Thématique : Placements financiers

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Avec la crise de Covid-19, les questions de lutte contre le réchauffement climatique et de développement durable sont au cœur des préoccupations des politiques, des citoyens, mais également des investisseurs. La collecte des fonds thématiques et ISR est en forte hausse depuis le début d’année. Conséquence, les acteurs des marchés financiers s’organisent et repensent leurs stratégies. Analyse.

Le développement durable, un thème d’investissement en pleine croissance

La crise sanitaire et économique mondiale n’est pas complètement étrangère au regain d’intérêt que connaissent les fonds verts. L’an dernier, l’encours des fonds ISR a bondi de plus de 150 %. Malgré un début d’année mitigé, les fonds axés « énergies renouvelables » rebondissent. En effet, au cours de la crise sanitaire, les entreprises d’énergies renouvelables ont démontré leurs performances sur les marchés financiers. À cela s’ajoute un renforcement, au niveau européen, des instruments et des cadres réglementaires concernant les « green bonds ». Le monde de la finance a pris conscience que l’investissement durable n’était pas qu’un effet de mode mais une véritable évolution des stratégies d’investissement. Par conséquent, les acteurs s’adaptent. L’année 2020 a été riche en annonce d’engagements des gouvernements, entreprises et institutions financières pour une économie plus durable, avec un objectif « zéro émission » d’ici 2050.

Côté institutions politiques, l’épidémie mondiale de Covid-19 a contribué à accélérer les prises de décisions et les financements d’une transition écologique. Les différents plans de relance des États intègrent un « volet vert » important. Cette initiative devrait inciter les entreprises à opérer une transition vers un modèle de production incluant davantage le développement durable. Au niveau de l’Union européenne, la lutte contre le réchauffement climatique représentera 30 % du budget sur la période 2021-2027, chiffré à 1 800 milliards €. L’orientation politique affirmée, impulsée par l’opinion citoyenne, vient donner un cadre aux contours plus précis afin de mieux orienter les initiatives mais aussi pour éviter les dérives. Une démarche nécessaire pour endiguer les pratiques trompeuses en matière environnementale telles que le greenwashing également présent dans le domaine de la finance. Car les gestionnaires d’actifs ne sont pas en reste dans la marche vers une économie plus responsable. Les fonds labellisés ISR pullulent, à tel point que le choix s’avère souvent complexe pour l’investisseur.

Près de 1 000 fonds labellisés ISR

c’est l’offre recensée en 2020, dans un rapport de Novethic, publié en mars 2021. Elle pèse 461 milliards €.

ESG : se méfier des apparences

À l’origine des Investissement Socialement Responsables (ISR), on trouve les fameux critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). Pour rappel, en France, la loi sur la Transition Énergétique pour la Croissance Verte impose aux grandes entreprises, dont les banques, les sociétés de gestion et les assurances, de publier un rapport extra-financier. Parallèlement, les critères ESG sont destinés à fournir à l’investisseur une grille d’analyse financière simple lui permettant de faire des choix d’investissement éclairés. Si, théoriquement, tout semble bien calibré, la pratique montre une autre réalité. La mise en place de ces mesures n’empêche pas l’émergence de fonds « verts » moins durables qu’ils le prétendent. Le succès croissant des fonds ISR a poussé les promoteurs de fonds à créer des produits répondant à la demande des investisseurs.

Top de la collecte des fonds thématiques en Europe

Source : Quantalys.com

Dans le panel des fonds ISR, on retrouve désormais une palette très large, qui va du fonds pur au fonds vert qui construit son image à coup de greenwashing. Autre obstacle rencontré par les investisseurs soucieux d’allier stratégie d’investissement et valeurs éthiques : le manque de clarté du système de reporting environnemental. Si la loi impose aux entreprises un devoir de transparence, la marge de manœuvre est grande. Les informations publiées dans les rapports restent soigneusement sélectionnées par les entreprises et ne permettent pas toujours de déterminer le niveau d’implication en matière de développement durable. Conséquence, la plupart des investisseurs estiment que les informations fournies par les entreprises en matière de développement durable ne permettent pas de prendre des décisions d’investissement.

Afin d’améliorer la prise de décision des investisseurs et de limiter les abus, un règlement européen sur la finance durable SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) est entré en vigueur en mars dernier. Il oblige les sociétés de gestion à classer leurs fonds selon trois catégories :

  • Fonds « article 6 » : il s’agit des fonds sans objectif particulier en matière de durabilité.
  • Fonds « article 8 » : les fonds mettant en avant des caractéristiques ESG sans que cela soit nécessairement le point central de la stratégie financière.
  • Fonds « article 9 » : les fonds possédant au moins 1 véritable objectif durable. Ce type de fonds devra informer davantage sur son orientation ESG.

Selon les données de Morningstar, entreprise de gestion d’actifs, sur 11 500 fonds ouverts en Europe, seuls 18 % sont classés « article 8 » et 24 % sont classés « article 9 ». Si la voie vers une finance plus verte est ouverte, le chemin à parcourir est encore long.

Faire fructifier son patrimoine en surfant sur la vague verte

À l’instar du règlement européen sur la finance durable, de nombreux outils sont développés pour permettre aux investisseurs de faire des choix éclairés en matière de placement. Deux récentes initiatives en France viennent marquer un tournant pour l’univers de la finance. Ainsi, Euronext a lancé, le 22 mars dernier, la version responsable du CAC 40, avec pour objectif de rendre accessible au grand public l’investissement responsable : le CAC 40 ESG. Ce nouvel indice répond également à une demande des gérants d’actifs qui surfent sur la vague verte. La méthodologie appliquée au CAC 40 ESG s’inspire fortement du label français ISR tout en ajoutant un filtre d’exclusion de certains acteurs aux activités incompatibles avec une démarche ESG tels que les entreprises produisant des armes, du pétrole de schiste, du charbon ou encore du tabac. Parallèlement, le gouvernement français a lancé la plateforme Impact permettant à toutes les entreprises, dont celles cotées en Bourse, de publier leurs données ESG. Cet outil est mis en place par anticipation de la réglementation européenne qui entrera en vigueur dans les prochaines années. Il peut, toutefois, être utile aux investisseurs qui souhaitent se renseigner sur la politique RSE d’une entreprise avant d’y placer son épargne.

Si bien s’informer est l’une des clefs d’un investissement responsable réussi, les outils mis à disposition ne suffisent pas toujours. En effet, investir dans des fonds ISR doit s’inscrire dans une stratégie patrimoniale réfléchie. Pour ce faire, il est recommandé de se faire accompagner par un conseiller, professionnel de la finance. Pour les investisseurs qui souhaitent profiter de la tendance verte, plusieurs stratégies sont envisageables suivant la place qu’on souhaite donner à l’investissement responsable. Il existe de nombreuses variations pour combiner gain financier et objectif environnemental :

  • Les fonds thématiques : il s’agit d’investir dans des entreprises évoluant dans un nombre de secteurs limités mais toutes liées par la même thématique. Par exemple : énergies renouvelables, technologie, etc. Très volatiles, ces fonds sont parfois trompeurs, car les entreprises peuvent répartir le financement entre plusieurs branches plus ou moins durables de son activité.
  • Les fonds purs : ils regroupent généralement des entreprises dont l’activité principale a pour but de lutter contre le réchauffement climatique.
  • Les fonds engagés : plus large, ce groupe propose des entreprises qui cherchent à avoir un impact sur leur empreinte carbone.
  • Les fonds « best in class » : incluant des entreprises polluantes et énergivores, ce type de fonds met l’accent sur les entreprises les plus performantes dans leur domaine qui font un effort en matière de transition énergétique. Loin d’un engagement responsable affirmé, ce groupe permet aux investisseurs frileux dans le domaine de l’ISG d’inclure la notion d’ESG sans exclure la performance.

À savoir

Se focaliser sur un seul indicateur, que ce soit la performance ou les émissions de gaz à effet de serre, est une erreur. Il faut toujours privilégier une approche holistique. Investir responsable n’exclut pas la règle principale : diversifier son portefeuille.

En résumé

  • L’épidémie de Covid-19 a imposé la nécessité de repenser notre modèle économique. De nombreuses initiatives politiques et citoyennes tentent d’accélérer la transition énergétique des modes de production, via notamment les plans de relance. Dans ce domaine, la finance n’est pas en reste.
  • Le succès des fonds ISR auprès des investisseurs a obligé les sociétés de gestion à s’adapter rapidement, parfois au détriment de l’objectif initial de « verdir » la finance. Cependant, le cadre législatif devient plus précis et de nombreux outils permettent désormais aux investisseurs de distinguer l’or de l’ivraie.
  • Enfin, le développement de la finance verte permet aussi d’intégrer une dimension ISR quelle que soit la stratégie adoptée et le profil investisseur. L’offre est variée et peut permettre d’allier éthique et performance.

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Julie François

Rédactrice spécialisée en gestion de patrimoine, économie, finances

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