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Finance durable et solidaire : le climat, non-prioritaire pour les investisseurs

Publié le 14 Oct 2022

horloge Lecture de 3 min.

Rédigé par Emilie Gardes

Thématique : Placements financiers

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En dépit du réchauffement climatique et de la multiplication des placements responsables lui étant liés, la priorité durable et solidaire des investisseurs ne se porte pas sur le climat mais sur l’éducation et la santé.

Une éducation de qualité, priorité des investissements durables dans le monde

Dans une étude exhaustive publiée fin septembre, le gestionnaire international d’actifs Schroders s’est intéressé aux investisseurs et à l’impact durable qu’ils souhaitent donner à leurs placements. Pour ce faire, 23 950 épargnants de 33 zones géographiques dans le monde ont été interrogés.

Les résultats apprennent que la lutte contre le réchauffement climatique (32 % des voix) se classe en 5e position des considérations patrimoniales, à la même hauteur que la réduction des inégalités. Ces deux motivations sont supplantées par la promotion d’une éducation de qualité (47 %), la bonne santé et le bien-être (44 %), l’assainissement de l’eau (39 %) et le combat contre la faim dans le monde (34 %).

Bonne santé et bien-être, objectifs premiers des investisseurs français

Lorsque l’on resserre l’étau d’analyse à la seule population des investisseurs français, les motifs d’importance se déplacent. Pour les épargnants de l’Hexagone, la priorité pour leurs placements responsables se porterait davantage sur la bonne santé et le bien être (43 %). Arrivent ensuite l’eau propre et l’assainissement (41 %), une éducation qualitative (38 %), les mesures pour contrecarrer le réchauffement climatique (35 %) puis la lutte contre la faim dans le monde (34 %).

Hausse contradictoire de la commercialisation des fonds “environnement”

Ainsi, à en jauger les positions de fin de classement qu’occupe la lutte contre le dérèglement météorologique en France comme à l’international, les investisseurs apparaissent assez peu soucieux du climat. Pourtant, dans les faits, les gestionnaires d’actifs ne cessent de développer une communication forte en faveur des fonds “environnement”, tel que le Livret de développement durable et solidaire. Ces derniers affichent une collecte 20 fois supérieure aux placements responsables à forts critères sociaux (qualité de vie au travail, égalité hommes-femmes au sein de la société, …).

A savoir !

Les fonds de placement à portée environnementale ont représenté, pour l’année 2021, 30 % de la collecte totale enregistrée par l’épargne durable. Soit 40 milliards d’euros.

Placements “sociaux” : un manque concret d’offres

Une contradiction entre les placements effectués et les aspirations qui peut s’expliquer de plusieurs façons.

Pour la raison purement commerciale, le constat est sans appel : il existait, fin décembre 2021, à peine 57 fonds “sociaux” contre 144 fonds “environnement”. Il n’est ainsi pas si illogique que les épargnants se soient dirigés vers l’offre la plus foisonnante qu’ils aient trouvée.

Intervient, ensuite, une explication plus sociétale. Le décalage qui peut finalement émaner de ses propres considérations humaines et personnelles. Entre des évidences directement impalpables, comme par exemple la faim dans le monde ou le réchauffement climatique, et des postulats plus proches et directement impactants tels que l’absence d’eau potable et saine, la dégradation de sa santé ou l’atteinte à son bien-être.

2023 : démocratisation du questionnaire de durabilité

La directive sur les marchés d’instruments financiers entrera en vigueur à compter de 2023. Cette évolution du cadre réglementaire devrait offrir une meilleure concordance entre les aspirations durables des investisseurs et la réalité effective de leurs placements.

Ce nouveau dispositif introduit un questionnaire de durabilité comprenant 3 catégories : la part de fonds durables visée, la proportion de fonds “environnements” en son sein, et la spécification des incidences négatives de l’investissement (droits de l’homme bafoués, pollution, émission de gaz à effet de serre, production de déchets toxiques, …). Les conseillers financiers auront pour mission de soumettre ce fichier à leurs clients afin de recueillir leurs préférences.

En France, le questionnaire de durabilité est déjà employé depuis le mois d’août dans les banques. À partir du 1er janvier 2023, son usage sera étendu aux conseillers en gestion de patrimoine (CGP) disposant de l’agrément CIF (conseiller en investissements financiers).

En résumé

  • Dans les orientations auxquelles ils souhaiteraient donner plus d’impact pour leurs placements durables, les investisseurs ne privilégient pas le climat ;
  • La bonne santé et le bien-être sont la priorité responsable des épargnants français ;
  • Il existe un fort décalage entre la collecte importante enregistrée par les fonds “environnements” et la considération pourtant moindre du développement durable dans les volontés de placements affichées par les investisseurs ;
  • La directive sur les marchés d’instruments financiers entrera en application en 2023 et, avec elle, la démocratisation du questionnaire de durabilité.

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Emilie Gardes

Rédactrice spécialisée en Economie, Finance et Immobilier

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