Quand l’immobilier se met au vert

Publié le 13 Fév 2020

Rédigé par Florian Bonnefous

Patrimoine

Face aux perturbations climatiques, les États durcissent leur engagement en faveur de la protection environnementale. Dans ce contexte, les Nations Unies ont adopté 17 Objectifs de Développement Durable à atteindre d’ici 2030. Ces derniers visent à améliorer de manière significative les situations climatiques, environnementales, sociales et économiques à travers le monde. L’immobilier, qui représente un secteur important de nos sociétés, en fait partie et possède un fort potentiel d’amélioration.

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Qu’est-ce qu’un bâtiment durable ?

Par définition, un bâtiment durable est un bâtiment fait pour durer.

Sobre en ressources, il convient d’anticiper, dès sa conception, sa durée de vie, son impact présent et futur, aussi bien lors de son utilisation que de sa déconstruction. Pour cela, on aura recours à des matériaux durables, c’est-à-dire produits localement, mais également issus de ressources régionales et renouvelables. On privilégiera aussi des matériaux qui ont la plus longue durée de vie possible et qui soient recyclables. En effet, un matériau produit localement, mais qui ne se recycle pas n’est pas considéré comme durable. Il ne remplit donc pas les objectifs. De plus, cela participe à soutenir l’emploi et l’économie locale.

Ensuite, un bâtiment durable est un bâtiment qui doit pouvoir évoluer dans le temps, comme dans ses usages et ses équipements. Il convient donc de cibler les logements bigénérationnels qui permettent à une famille de s’agrandir, de vieillir dans un même logement et de ne pas avoir à déménager à chaque nouvel événement de vie. Un bâtiment durable doit, par ailleurs, permettre d’installer de nouveaux équipements, d’accueillir les nouvelles technologies en fonction des changements dans son usage ou dans le comportement de ses usagers. L’idée est qu’un bâtiment durable aujourd’hui, le soit encore dans 50 ans.

Enfin, un bâtiment durable doit, en outre, être résilient face aux changements climatiques. Effectivement, les bâtiments actuels ne sont pas adaptés pour faire face aux aléas climatiques, comme les vagues de fortes chaleurs ou les inondations, auxquels nous sommes de plus en plus confrontés.

La responsabilité des entreprises

Développer l’immobilier durable doit donc permettre de lutter contre les activités hyper-polluantes et énergivores et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans cette optique, une des priorités est de se pencher sur la responsabilité des entreprises, ces dernières ayant une empreinte carbone importante. Plusieurs pistes sont envisageables.

Les acteurs de l’immobilier, conscients des nouveaux enjeux environnementaux, ont développé des stratégies afin d’anticiper les différentes évolutions d’un projet immobilier. Ainsi, afin de mieux répondre aux besoins du marché, l’offre immobilière se diversifie et de nouvelles filières industrielles se développent. De nombreuses entreprises se tournent désormais vers des matériaux durables et bio-sourcés, soutenant l’économie locale. Des mesures favorisent les constructions légères et modulaires permettant de faire évoluer l’usage des biens immobiliers et de réduire considérablement les émissions et les contraintes techniques.

Le numérique a d’ailleurs son rôle à jouer dans ce domaine. En plus de faciliter la gestion des actifs immobiliers, il a entraîné l’apparition d’outils d’optimisation et de compétitivité permettant de dégager clairement des pistes d’économies d’énergie.

D’autre part, en s’engageant dans cette démarche environnementale et durable, les entreprises développent leur capital immatériel et donc leur image. En intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) elles peuvent mieux mesurer leur impact. Effectivement, ces critères ESG permettent d’évaluer la prise en compte du développement durable et des enjeux dans la stratégie des entreprises et ainsi de mieux informer les investisseurs.

Outre ces critères ESG, les investisseurs peuvent aussi se référer aux certifications qui donnent une idée de l’impact environnemental et du confort de vie, que ce soit pour un bâtiment résidentiel, industriel ou tertiaire. Il existe de nombreuses certifications : LEED, HQE, BREEAM, BOMA, WELL, Fitwel… Celles-ci permettent de savoir facilement si un bâtiment répond aux exigences du bâtiment durable. Pour cela, il doit répondre à un besoin immédiat et futur, être construit au bon endroit avec les bons matériaux et ne présenter aucun impact sur la santé ou la société. Ces certifications visent aussi à élever les standards de la construction et créer par conséquent de la valeur immobilière. D’autres critères pourraient être pris en compte : Où construire ? Quelle superficie ? Dans quel but ?

Bon à savoir

La certification label Cradle to Cradle accompagne les entreprises désireuses d’aller vers une économie circulaire et d’avoir un impact positif sur l’environnement et la santé. Matériaux de construction, textiles, produits d’entretien, fournitures de bureau… Elle met en avant des produits recyclables à faible impact environnemental.

Reconnecter l’homme à la nature

En France, comme dans plusieurs pays, des bâtiments durables, hautement écologiques, sortent de terre. L’idée est de reconnecter l’homme à la nature en encourageant l’émergence de villes biophiliques, c’est-à-dire de villes qui cherchent à réintroduire intelligemment la nature dans nos modes de vie. Pour ce faire, plusieurs possibilités existent déjà : végétaliser terrasses et toitures, faciliter la permaculture urbaine, implanter des potagers urbains…

Ainsi à Paris, on trouve la tour Saint Gobain à la Défense, triplement certifiée : HQE, LEED, BREEAM. Cette tour équipée d’un vitrage dynamique et intelligent « Electrochrome » présente une très haute performance environnementale. À Milan, le projet Bosco a intégré une végétalisation massive à ses deux tours d’habitation ce qui a apporté un véritable design écologique aux bâtiments.

Enfin, les collectivités peuvent, elles aussi, soutenir le développement de l’immobilier durable et la métamorphose de nos villes en verdissant leurs bâtiments municipaux.

En résumé

  • Un bâtiment durable est construit avec des matériaux locaux et renouvelables, qui doit pouvoir évoluer dans le temps en fonction de son usage. Il doit aussi être résilient face aux changements climatiques.
  • L’immobilier durable doit permettre de lutter contre les activités hyper-polluantes et énergivores et réduire les émissions de gaz à effet de serre.
  • Les acteurs de l’immobilier, conscients des nouveaux enjeux environnementaux, ont du développer des stratégies afin de mieux répondre aux besoins du marché.
  • Les certifications permettent aux investisseurs de se faire une idée sur l’impact environnemental et le confort de vie des bâtiments résidentiels, industriels ou tertiaires.

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Florian Bonnefous

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