Bourse : peu d’introductions au premier trimestre 2022

Publié le 26 Avr 2022

horloge Lecture de 3 min.

Rédigé par Natacha Piquemal

Thématique : Placements financiers

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Il n’y a plus aucun doute : la guerre en Ukraine a mis un coup de frein sur les introductions de sociétés en bourse en ce début d’année 2022. Elles n’ont été que 321 à se lancer dans ce contexte incertain. Alors que l’an dernier, sur la même période, les sociétés qui débutaient sur les marchés boursiers avaient réussi à lever plus de 82 milliards, elles n’ont réussi à mobiliser que 54,4 milliards cette année. De leur côté, les cessions de blocs titres se maintiennent. Explications.

Un premier trimestre à l’arrêt en raison de la guerre en Ukraine

Au cours des trois premiers mois de l’année, seules 321 sociétés à travers le monde ont fait le pari d’entrer en Bourse. En 2021, à la même période, ce chiffre était supérieur de 37 %, selon le cabinet de conseil Ernst & Young et associés. Le contexte international, et plus particulièrement le climat incertain amené par le conflit russo-ukrainien, semble ainsi avoir dicté la cadence de ce premier trimestre.

Alors que plus de 82 milliards avaient été collectés en 2021, ce sont à peine 54,4 milliards qui ont réussi à être levés par les entreprises. Du côté de Wall Street, 25 sociétés seulement ont fait le choix d’entrer en bourse durant cette période, levant 2 milliards de dollars. À la même époque l’an passé, ce sont 41,7 milliards qui avaient été collectés. Un écart impressionnant du côté des États-Unis. Du côté de l’Europe également, le recul des chiffres est sans équivoque : les fonds levés sont moins élevés de 90 % en comparaison avec l’année passée. Et l’écart ne cesse de se creuser depuis le 24 février, lorsque la Russie a lancé son offensive envers l’Ukraine.

Guerre en Ukraine donc, mais aussi hausse des taux et contexte inflationniste n’ont pas joué en faveur des marchés. Sur lesquels bon nombre de sociétés ont fait le choix de ne pas s’introduire, repoussant leur projet de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Mais combien de temps va-t-il falloir aux places de marchés pour se relancer ?

Des perspectives de reprise des IPO à moyen terme

Si l’on se base sur les fluctuations passées, également dues aux différents conflits internationaux, il y a de fortes chances que les places boursières aient besoin de 60 à 150 jours pour que les transactions retrouvent leur plein niveau en ce qui concerne les États-Unis. Il s’agit là, bien évidemment, d’une moyenne, et il est important de tenir compte de certains facteurs extérieurs. Néanmoins, les experts tendent à parier sur une reprise à moyen terme. Parmi les indicateurs clé, il parait pertinent de s’intéresser au fameux « indice de la peur », autrement appelé le VIX. Indice de volatilité établi à Chicago, il offre une bonne indication aux observateurs. En effet, c’est lorsque cet indice se trouve en-dessous de la barre des 20 % que la plus grande majorité des introductions en bourse se produisent. Depuis début avril, le VIX frôle justement les 20 %, alors qu’il était monté à plus de 36 % début mars. Un élément qui semble donc profiler une reprise des IPO prochaine.

Autres signes encourageants assez notables du côté de l’Europe cette fois-ci : la volonté affichée des sociétés Sanofi et Volkswagen d’introduire en bourse certaines de leurs filiales. Euroapi du côté de Sanofi et Porsche en ce qui concerne le spécialiste de l’automobile.

Les cessions de blocs titres toujours au beau fixe

Du côté des cessions de blocs titres en revanche, le premier trimestre 2022 n’a pas réellement connu de crise. En effet, de belles transactions ont continué à avoir lieu, traduisant l’appétit des investisseurs. Parmi les opérations les plus notables, on recense, notamment, la cession d’1 % du capital du London Stock Exchange pour un montant de 550 millions d’euros. Sans oublier la vente d’actions de Glencore par le fonds souverain du Qatar pour un montant d’1 milliard d’euros. Ce qui donne envie aux investisseurs de continuer à investir sur ce type de cessions ? Principalement le fait qu’elles puissent se conclure en quelques heures seulement, quand du côté des OPI il faut plusieurs semaines de communication avant que ne soit lancée une opération.

En résumé

  • La guerre en Ukraine a mis quasi à l’arrêt les introductions en bourse des sociétés au premier trimestre 2022.
  • Seules 321 entreprises sont entrées en bourse sur le début de l’année, mobilisant 54,5 milliards.
  • Une reprise à moyen terme devrait avoir lieu selon les experts. Il faut, en moyenne, compter entre 60 et 150 mois suite à une crise de ce type pour une reprise des marchés aux États-Unis.
  • Malgré tout, les cessions de comptes titres vont, elles, toujours bon train.

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