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La BCE augmente ses taux : quel avenir pour le crédit immobilier et les produits d’épargne ?

Publié le 20 Sep 2022

horloge Lecture de 4 min.

Rédigé par Natacha Piquemal

Thématique : Crédit

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Grande première depuis que la Banque Centrale Européenne a vu le jour : celle-ci a décidé d’augmenter ses taux directeurs de 0,75 point. Un véritable coup de tonnerre dans le monde de l’économie et de la finance, mais une décision qui semblait inévitable, pour tenter de réduire le phénomène d’inflation qui a fait s’envoler les prix ces derniers mois à travers toute l’Europe. Assez loin des considérations des Français, ce changement aura, néanmoins, divers impacts directs sur leur quotidien. Nous revenons en détails sur ce que cette hausse des taux directeurs va impliquer dans les prochaines semaines en Europe et dans l’hexagone.

L’inflation en baisse durant les prochains mois ?

Si elle avait déjà fait le choix d’augmenter ses taux directeurs de 0,50 point au mois de juillet, la BCE a finalement décidé de réitérer ce jeudi 8 septembre en annonçant une nouvelle augmentation de ses taux de 0,75 point. Une décision historique qui intervient dans le but de stopper une inflation galopante. En août, on estimait sa hausse sur un an à 9,1 % à l’échelle européenne, bien loin de l’objectif des 2 % à maintenir annoncé par la BCE. Longtemps réticente face à l’idée d’augmenter encore le niveau de ses taux directeurs pour éviter d’amorcer un phénomène de récession, l’institution semble finalement avoir été contrainte de sauter le pas, tentant le tout pour le tout afin de maintenir le coût de la vie à un niveau acceptable.

En conséquence, il faut donc se préparer, durant les prochains mois, à un ralentissement net de l’économie de toute la zone euro. Quel que soit le type de crédit sollicité, celui-ci coûtera plus cher au contribuable, réduisant ainsi fortement la capacité d’emprunt des ménages, en ayant pour conséquence finale de stopper les demandes de bons nombres de particuliers. Si cette mécanique peut, vraisemblablement, aider la zone euro à retrouver un niveau d’inflation bien plus acceptable (8,3 % de prévus pour 2022, 5,5 % pour 2023 et 2,3 % pour 2024), elle risque de plonger les pays concernés en pleine récession.

La France va-t-elle entrer en récession ?

En effet, en augmentant ses taux directeurs et en s’apprêtant donc à réduire la production de crédits à l’échelle européenne, il est fort probable que la BCE fasse ralentir la consommation du Vieux Continent. Avec une croissance assez faible ces derniers mois, il y a donc une probabilité importante pour que bon nombre de pays, dont la France, entrent en récession.

Un choix affirmé, néanmoins, de la part de la BCE pour tenter de préserver un tant soit peu le pouvoir d’achat des ménages européens. À côté de cela, il semblerait également qu’en optant pour cette solution, l’institution ait dans l’idée de revaloriser l’euro, afin d’en faire à nouveau une monnaie forte. S’échangeant actuellement à 0,99 centime de dollars, la faiblesse de la monnaie européenne n’arrange en rien la vive augmentation des prix en zone euro, la plupart des produits importés étant payés en dollars. En retrouvant de la vigueur face au dollar, la monnaie pourrait ainsi diminuer, elle aussi, la facture pour les Européens, concernant les produits importés donc, et plus encore dans le secteur des énergies.

Les taux des crédits immobiliers vont-ils continuer à augmenter ?

Si la remontée des taux directeurs de la BCE s’apprête à avoir un impact sur la production d’emprunts de façon globale, c’est d’autant plus le cas du côté des crédits immobiliers. En effet, c’est directement auprès de la BCE que les banques destinées au grand public s’approvisionnent en liquidités. Or, si cet argent coûte plus cher aux banques commerciales, celles-ci vont nécessairement le répercuter sur leurs clients, en proposant elles-mêmes des prêts immobiliers à des taux plus importants. Dans de nombreux pays européens, où les crédits à taux variable sont la norme, les emprunteurs vont progressivement voir leurs mensualités augmenter, allant parfois jusqu’au défaut de paiement. Du côté de la France, les prêts à taux fixe étant légion, il y a peu à craindre de ce côté-là. En revanche, pour certains réseaux bancaires, le prêt immobilier est déjà jugé trop peu rentable. La consigne est donc claire : ne plus prêter d’argent pour ce type de projets en attendant que la situation se stabilise.

Les futurs acquéreurs français, lancés dans un projet d’achat depuis quelques mois ou quelques semaines ne sont plus dupes. Ils ont bien compris que la fin de l’argent facile était bel et bien actée. En constante augmentation depuis le début de l’année, les taux d’emprunt immobilier, qui avaient atteint leur plus bas niveau historique, avoisinent désormais les 2 % en moyenne pour les durées les plus longues. En se rapprochant ainsi dangereusement du taux d’usure (actuellement fixé à 2,57 pour les emprunts de 20 ans et plus), beaucoup de dossiers ne pourront plus être acceptés par les établissements bancaires.

Même si le prêt bancaire reste encore bon marché lorsque l’on souhaite investir dans l’immobilier, il est donc essentiel, durant les prochains mois, de préparer son dossier de financement avec beaucoup plus de minutie qu’auparavant, en se faisant accompagner, par exemple, par un courtier, qui saura tirer toutes les ficelles pour présenter le dossier le plus solide qui soit aux banques.

Assurance-vie, Livret A, PEL … bonne nouvelle pour leurs détenteurs !

Du côté de l’épargne en revanche, cette remontée des taux annoncée par la BCE s’apparente plus à une bonne nouvelle. En effet, pour ceux qui détiendraient des fonds en euros, principalement constitués de prêts émis par les états, au sein de leurs contrats d’assurance-vie, les taux de rémunération de ceux-ci devraient progressivement augmenter.

Il en va de même pour d’autres produits d’épargne comme le Livret A par exemple, ou encore le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). Si le taux de rémunération de ces derniers était de 1 % au 1er février 2022, il est déjà passé à 2 % au 1er août. Au 1er février prochain, il devrait finalement atteindre les 3 %. Pourquoi une telle augmentation en un laps de temps si court ? Tout simplement parce que le calcul du taux de rémunération de ces produits est effectué tous les 6 mois, en tenant compte de la moyenne entre le niveau de l’inflation (hors tabac) et de l’€STR, taux publié chaque matin par la BCE et reflétant quotidiennement les coûts d’emprunt non garantis des établissements bancaires de la zone euro. Ainsi, la BCE ayant décidé d’augmenter à nouveau ses taux directeurs, il en sera automatiquement de même du côté des banques, faisant ainsi augmenter l’€STR. Sans parler du niveau de l’inflation, attendu à plus de 8 % à la fin de l’année.

Du côté du PEL, la mécanique sera sensiblement la même. En effet, la façon dont son taux de rémunération est calculé dépend, là encore, de taux s’apprêtant à augmenter suite à l’annonce de la BCE. Établi à 1 % depuis le mois d’août 2016, son taux de rémunération devrait donc doubler dans les prochaines semaines.

En résumé

  • La BCE a marqué son histoire le 8 septembre dernier en augmentant ses taux directeurs de 0,75 point. Du jamais-vu.
  • Cette décision a été prise par l’institution dans l’objectif de fortement diminuer le niveau de l’inflation sur les prochains mois et ainsi maintenir un tant soit peu de pouvoir d’achat pour les Européens de la zone euro.
  • Cette mécanique risque néanmoins de faire basculer de nombreux pays de la zone euro en récession.
  • Cette augmentation des taux de la BCE aura des impacts positifs et négatifs sur la vie quotidienne des Français : augmentation des taux d’emprunt immobilier, mais aussi augmentation des taux de rémunération de nombreux produits d’épargne.

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Natacha Piquemal

RÉDACTRICE WEB, SPÉCIALISÉE EN ÉCONOMIE, FINANCE ET GESTION DE PATRIMOINE

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