Record du CAC 40 et inflation : faut-il vendre ou réinvestir ?

Publié le 22 Nov 2021

horloge Lecture de 3 min.

Rédigé par Maxime Keroyant

Thématique : Placements financiers

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La semaine passée, le CAC 40 est allé de record en record. Son plus haut niveau historique, atteint au cours de l’année 2000, a été battu le mardi 2 novembre 2021. L’indice de la Bourse de Paris a alors dépassé les 6 922 points. Depuis, le CAC 40 est situé au-dessus des 7 000 points. Ces records du CAC 40 ont lieu dans une période de reprise de l’inflation, mais également sous la menace d’une augmentation des taux d’intérêt. Pour les investisseurs, il convient de se questionner sur la durabilité de cette augmentation du CAC 40 et de ses valeurs et sur les secteurs à privilégier pour un investissement. Éléments de réponse.

La peur d’une bulle spéculative

Le CAC 40 atteint des sommets ! Depuis la semaine passée, l’indice établit presque chaque jour un nouveau record. Son ancien record de 6 922 points en date du 4 septembre 2000 a été battu le mardi 2 novembre, avec une clôture à 6 927 points. Malgré une légère stabilisation en début de semaine dernière, le CAC 40 ne cesse d’augmenter. Toutefois, si cette euphorie sur les marchés financiers est un bon signe pour certains acteurs, d’autres redoutent une bulle spéculative. Il s’agit donc de savoir si les valeurs boursières sont décorrellées, ou non, de l’économie réelle. Des professionnels du secteur affirment que cette inquiétude n’est pas fondée. Pour eux, cette période d’éclaircie sur les marchés boursiers est portée par les bons résultats de l’économie réelle.

Pour appuyer leurs propos d’absence de bulle spéculative, les professionnels du secteur invitent à comparer la situation actuelle à celle de l’année 2000, date du précédent record. La crise boursière et financière qui s’en suivit fut causée par une absence de corrélation entre la valorisation des titres et leur potentiel réel. La valorisation pouvait être jusqu’à 30 fois supérieure aux bénéfices réellement effectués par les sociétés. À l’heure actuelle, la valorisation n’excède pas 20 fois le bénéfice réel. Les défenseurs de ce point de vue confirment donc que les bons résultats sont liés à plusieurs facteurs :

  • Une véritable reprise économique, à la suite d’une période de contraction sur les marchés boursiers.
  • Des plans d’aides fiscales et des prêts garantis par l’État qui assurent une stabilité des entreprises.

En savoir plus sur la Bourse : Les principaux cours.

Vendre ses titres ou réinvestir ses dividendes ?

Un autre signe de bonne santé du secteur boursier est le réinvestissement des dividendes perçus par les actionnaires. Il existe un indice, le CAC 40 GR, qui prend en compte le montant des dividendes réinvestis dans les 40 plus importantes capitalisations de la Bourse de Paris. Ce dernier culmine au-dessus des 20 000 points et ne cesse de s’accroître depuis le début de l’année 2021. Tous ces éléments projettent de bonnes perspectives de croissance pour le secteur boursier. Il semble actuellement plus intéressant pour un actionnaire de réinvestir les dividendes perçus. Encore faut-il choisir les bons secteurs !

Si la reprise économique ne fait plus de doute, elle est accompagnée d’une inflation. En août dernier, les prix à la consommation subissaient une augmentation de 3 %. En octobre, cette augmentation s’est confirmée avec + 2,6 % pour les prix à la consommation. Cette inflation doit être prise en compte par les investisseurs pour réaliser leur arbitrage sur les places boursières, car elle a des conséquences sur les résultats et donc sur la valorisation des entreprises. De plus, afin de lutter contre l’inflation, les banques centrales seront potentiellement amenées à augmenter les taux directeurs. Cela aura également des conséquences sur l’activité de certains secteurs.

Quels secteurs sont à privilégier ?

Le luxe, les banques et les assurances profitent de l’inflation

Dans cette situation de retour de l’inflation, certaines valeurs boursières doivent être privilégiées. Les prédictions portent sur une accélération de l’inflation et l’augmentation des taux d’intérêt. En principe, dans cette situation, il convient de préférer les titres de sociétés qui ne subissent que très peu l’inflation ou celles qui en profitent.

Actuellement, les valeurs financières sont parmi les plus intéressantes. Les sociétés bancaires profitent de la forte demande sur le marché de l’emprunt due à la reprise économique. De plus, elles tirent profit de l’inflation : la remontée du prix de l’argent leur permet d’augmenter leur marge. Le constat est identique pour les sociétés d’assurance : la rémunération grimpe grâce à l’augmentation des taux.

40 %

Les valeurs bancaires ont progressé de 40 % au cours de l’année écoulée, soit deux fois plus que la moyenne des valeurs boursières.
Source : Portzamparc Gestion pour Les Echos

Les autres valeurs à plébisciter sont celles qui détiennent un « pricing power« , c’est-à-dire le pouvoir de fixer elles-mêmes leurs prix. De ce fait, elles peuvent plus facilement absorber l’augmentation du prix de leurs matières premières. Les sociétés qui disposent de ce pouvoir sont principalement celles jouissant d’une très forte notoriété, comme certaines sociétés du secteur de la distribution de produits chimiques, des assembleurs, ou encore celles du secteur du luxe. En cette période, privilégier des valeurs comme LVMH, Hermès ou Kering peut être intéressant.

Les producteurs d’énergies et de matières premières

L’augmentation des prix n’est donc pas une mauvaise chose pour toutes les entreprises. Certaines sociétés profitent même d’une augmentation de leurs bénéfices lorsque les prix augmentent. Il s’agit notamment des entreprises spécialisées dans la production de matières premières : leurs produits sont les premiers à connaître une augmentation de leur prix. La demande se fait alors grandissante, ce qui augmente leur production. Les valeurs liées à la production d’énergie figurent actuellement parmi les plus intéressantes. Toutefois, la question environnementale pousse certains investisseurs à revoir leur acquisition de part d’entreprises dans les secteurs polluants. Des valeurs historiques telles que TotalEnergies ou BP ont pris conscience de ce changement dans les attentes et prennent part à des actions en faveur de la transition énergétique.

En résumé

  • Le moral des investisseurs est au beau fixe ! L’indice historique de la Bourse de Paris, le CAC 40, connaît une hausse importante depuis les début du mois de novembre, et bat tous les records.
  • Certains spécialistes craignent la formation d’une bulle spéculative. Pour l’instant, la majorité s’accorde à confirmer que les valeurs boursières ne sont pas décorrélées de l’économie réelle et explique cette hausse par la reprise économique.
  • L’inflation est de retour, et devrait entraîner une hausse des taux. Au vu de la conjoncture, il est intéressant pour les investisseurs de privilégier les entreprises du luxe, du secteur bancaire et des assurances.

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Maxime Keroyant

Rédacteur web, spécialisé en économie, finance et gestion de patrimoine.

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