Épargne : PEA ou assurance-vie ?

Publié le 16 Oct 2019

horloge Lecture de 4 min.

Thématique : Actualités

Rédigé par Stéphane Debair

Si le PEA permet d'investir en Bourse tout en bénéficiant d'une fiscalité privilégiée, ce placement n'est pas sans risque. L'assurance vie, quant à elle, constitue une option plus souple et souvent plus sure. PEA ou assurance vie, quel placement financier choisir ? Voici la réponse.

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PEA ou assurance vie : deux placements vedettes

L’assurance vie, tout comme le PEA (Plan d’épargne en actions), font constamment partie des meilleurs placements financiers privilégiés par les Français. A la fin 2025, la Banque de France recense 7 293 637 de PEA et 298 916 PEA-PME. Mais l’assurance vie reste le placement préféré des contribuables français car il est le plus rentable parmi les placements sans risque. Très différents dans leur fonctionnement et leur fiscalité, le PEA et l’assurance vie sont deux options intéressantes au moment de placer son argent.

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Des modifications, mais pas de révolution. La loi de finances 2018 est venue modifiée le PEA et l’assurance vie en douceur. Souvent jugé trop contraignant, le PEA bénéficie depuis peu d’un assouplissement de la gestion après les 5 premières années de détention. Avant cela, le détenteur d’un PEA pourra jouir d’une fiscalité plus avantageuse.

Ce qui a changé pour le PEA

Depuis le 1er janvier 2019, si vous « cassez » votre PEA avant le cap des 5 ans, vos gains sont imposés au niveau de la « flat tax », aussi connue sous le nom de prélèvement forfaitaire unique (PFU). Sinon vous êtes exonérés. De plus, le fonctionnement du PEA est considérablement simplifié. Après 5 ans, il est désormais possible d’effectuer un retrait partiel, et même des versements à volonté. Auparavant, il fallait attendre le huitième anniversaire. Une réforme qui rapproche le PEA de l’assurance vie en termes de gestion.

Ce qui a changé pour l’assurance vie

Côté placement en assurance vie, les retraits avant le huitième anniversaire de détention sont également concernés par la flat tax (12,8 % de l’impôt sur le revenu). Toutefois, effectuer des retraits n’annule pas le contrat contrairement au PEA. Mais il faut également tenir compte de la date de versement.

Les avantages

Le principal atout du PEA est l’exonération de flat tax sur les dividendes et les plus-values. Il est toutefois soumis aux prélèvements sociaux. Le PEA est donc souvent choisi pour son cadre fiscal. Cependant le PEA peut être différent du compte-titres.

En revanche, il comporte certaines limites alors que l’assurance vie est un placement relativement souple. Par exemple, elle ne possèdepas de plafond de versement. Surtout, l’assurance vie possède de nombreux avantages en ce qui concerne la transmission de patrimoine mais aussi en terme de fiscalité. Le souscripteur choisit librement ses bénéficiaires. Au décès du souscripteur, les capitaux transmis via une assurance-vie ne font généralement pas partie de la succession. La fiscalité dépend aussi de l’âge de l’assuré au moment des versements. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €. Puis, la part taxable est imposée à 20 % jusqu’à 700 000 €, et à 31,25 %. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € est appliqué, sur tous les bénéficiaires confondus. Au-delà, les primes sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté, tandis que les intérêts capitalisés sont exonérés. Le conjoint survivant, le partenaire de Pacs et certains frères et sœurs sous conditions sont exonérés.

Dans le match PEA-assurance vie, en terme d’offre, l’assurance vie gagne haut la main. On peut presque tout mettre dans une assurance vie à partir du moment où le contrat le permet.

Les inconvénients

Toutefois, l’assurance vie présente un inconvénient, et pas des moindres : les frais de gestion. Ces derniers sont parfois élevés ce qui dissuadent certains épargnants. Il faut donc bien se renseigner avant de souscrire à un contrat.

Le PEA aussi possède des inconvénients. Le produit doit être conservé au minimum 5 ans. Avant 5 ans, tout retrait total ou partiel sur un PEA, entraîne en principe la clôture du PEA, sauf dans les cas suivants : licenciement, invalidité, retraite anticipée du titulaire ou conjoint/partenaire de Pacs, retrait de titres d’une société en liquidation, ou retrait réinvesti dans les 3 mois pour création/reprise d’entreprise.

Après 5 ans, un retrait partiel ne clôt pas le PEA et de nouveaux versements restent possibles dans la limite du plafond.

Les versements sont plafonnés à 150 000 €. Les investissements ne peuvent concerner que des actions dont les sociétés ont leur siège au sein de l’Union européenne ou les fonds d’investissement composés d’actions européennes à 75 %. Avec le PEA, l’investissement est nécessairement boursier direct ou indirect. Toutefois, l’offre financière du PEA tend à se développer.

Techniquement, l’assurance vie est donc plus souple que le PEA et moins contraignante, au moins les premières années. Car passé 5 ans, en terme de retraits, le PEA donne autant de flexibilité que l’assurance vie. Toutefois, cette dernière rapporte moins que le PEA.

Fiscalité : PEA vs. assurance vie

L’assurance vie et le PEA sont souvent comparés car ils offrent, tous deux, une fiscalité avantageuse.

PEAAssurance vie
Retrait avant 5 ansRetrait après 5 ansRetrait avant 8 ansRetrait après 8 ans
Flat tax (12,8 % de l’impôt sur le revenu)ExonérationFlat taxAbattement de 4 600 €
Taux d’imposition de 7,5 %

Au décès du souscripteur de l’assurance vie, la fiscalité devient très attractive : abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €. La fraction taxable au-delà est imposée à 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable, puis à 31,25 % au-delà. Ces nombreux avantages font souvent pencher la balance en faveur de l’assurance vie. Mais avant de trancher entre PEA et assurance vie, il est important de se souvenir de l’objectif que vous vous êtes fixé.

Les gains réalisés avec un PEA ne sont pas imposables, tant qu’il n’y a pas de retrait. Au moment d’un retrait, les gains sont soumis aux prélèvements sociaux quelle que soit la date, et après 5 ans ils sont exonérés d’impôt sur le revenu.

Pour les primes versées après les 70 ans de l’assuré, un abattement global de 30 500 € est appliqué, sur tous les contrats et tous les bénéficiaires confondus. Au-delà, les primes sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté entre le défunt et le bénéficiaire. Les intérêts capitalisés sont exonérés.

Le conjoint survivant ou le partenaire de Pacs est exonéré de droits de succession sur les capitaux transmis. Les frères et sœurs peuvent eux aussi être exonérés sous certaines conditions.

Stéphane Debair

Directeur Général

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