Le délai de jouissance d’une SCPI
Publié le 02 Sep 2021
Lecture de 4 min.
Thématique : Actualités
Rédigé par Maxime KEROYANT
La SCPI est l'un des placements préférés des Français. La "pierre-papier" revêt à la fois le caractère rassurant de l'investissement immobilier, dans la pierre, et les taux de rendement à hauteur des placements financiers ! Néanmoins, acquérir des parts de SCPI nécessite de préparer son investissement. Ainsi, le futur porteur de part doit prendre en compte plusieurs conditions intrinsèques à la SCPI, notamment le délai de jouissance.
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Qu’est-ce que le délai de jouissance ?
Le délai de jouissance est la période comprise entre la souscription de parts de SCPI et la date à partir de laquelle ces parts ouvrent droit aux éventuels dividendes.
Les placements en SCPI sont fortement privilégiés par les investisseurs de par leurs avantages : un taux de rendement très attrayant et un ticket d’entrée pouvant être relativement faible. En cette période de faiblesse des taux rémunérateurs des livrets d’épargne, acquérir des parts de SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) est une excellente solution. Tandis que le taux du Livret A est fixé à 1,7 % depuis le 1er août 2026, le taux de distribution moyen des SCPI s’est établi à 4,92 % en 2025 selon les données révisées de l’ASPIM.
Lors de l’acquisition de parts de SCPI, quelle qu’en soit la typologie (SCPI fiscale ou SCPI de rendement), l’investisseur doit se plier à un délai de jouissance. Ce délai est la période entre l’acquisition de part et la date dite « d’entrée en jouissance ». Cette dernière correspond à la date prise en compte pour déterminer les dividendes à verser. Le délai de jouissance est donc une durée, suite à un investissement, qui n’est pas prise en compte dans le calcul des dividendes. Il s’agit d’une des spécificités de la pierre-papier par rapport à un investissement immobilier locatif : les premiers loyers ne sont pas immédiats.
Pourquoi les placements en SCPI sont-ils concernés par un délai de jouissance ?
Le délai de jouissance permet principalement à la société de gestion de disposer du temps nécessaire pour investir les nouveaux capitaux collectés sans diluer immédiatement les revenus des associés déjà présents.
Ce décalage entre l’acquisition de part et la prise en compte de l’investissement dans le calcul des loyers à reverser s’explique par la nature même de la SCPI. La SCPI est une société de placement immobilier : son activité porte sur l’acquisition de biens immobiliers. Or, lorsqu’un investisseur achète des parts d’une SCPI, il participe à une collecte de fonds, destinée à acquérir un nouveau bien immobilier. Toutefois, une telle acquisition n’est pas immédiate. Il convient de laisser un délai pour que la société de gestion procède aux étapes suivantes :
- Recherche de biens à acquérir.
- Sélections des actifs.
- Démarches administratives et procédures pour l’acquisition.
- Mise en location des biens.
Le délai de jouissance permet à la société en charge de la gestion de la SCPI de convenir d’un temps nécessaire à la réalisation de telles tâches. Cela permet d’éviter une dilution trop importante de la rentabilité des autres biens détenus.
Quelle est la durée du délai de jouissance d’une SCPI ?
Il n’existe pas de durée réglementaire unique : le délai de jouissance varie selon la SCPI et peut aller de quelques semaines à plusieurs mois.
Le délai de jouissance d’une SCPI est propre à chacune. La société de gestion est en charge de fixer sa durée. En règle générale, la durée se situe en moyenne à 4 mois. La durée du délai de jouissance dépend de deux facteurs principaux :
- Le patrimoine existant détenu par la SCPI.
- La collecte de fonds.
Plus grand sera le patrimoine et plus courte sera la collecte, alors plus réduit sera le délai de jouissance de cette SCPI. En effet, un patrimoine important permet de contenir plus facilement l’effet dilutif de la nouvelle collecte.
Comment calculer la date d’entrée en jouissance ?
La date dépend de la règle prévue par chaque SCPI et du mois au cours duquel la souscription est enregistrée.
Par exemple, lorsqu’une SCPI prévoit une entrée en jouissance le premier jour du quatrième mois suivant la validation de la souscription, une souscription validée en janvier donnera généralement lieu à une entrée en jouissance au 1er mai.
Il faut également distinguer :
- la date de souscription ;
- la date d’entrée en jouissance ;
- la date effective de versement du premier dividende.
Ces trois dates ne sont pas nécessairement identiques. Une SCPI peut, par exemple, prévoir une entrée en jouissance à une certaine date puis distribuer les revenus potentiels mensuellement ou trimestriellement.
Le délai de jouissance peut-il changer ?
Oui. Une société de gestion peut faire évoluer les conditions d’entrée en jouissance de sa SCPI.
En 2026, certaines SCPI appliquent des délais réduits tandis que d’autres conservent plusieurs mois de carence. Il est donc préférable de ne pas se fier uniquement à une information ancienne ou à une moyenne de marché.
Avant toute souscription, l’investisseur doit consulter les documents réglementaires et contractuels actualisés de la SCPI. Le règlement général de l’AMF prévoit notamment que la note d’information, le bulletin de souscription et les statuts doivent être remis au futur associé préalablement à la souscription.
Le délai de jouissance réduit-il le rendement d’une SCPI ?
Il réduit mécaniquement les revenus susceptibles d’être perçus pendant les premiers mois suivant une nouvelle souscription.
Une SCPI affichant, par exemple, un taux de distribution annuel ne doit donc pas conduire l’investisseur à supposer qu’il percevra immédiatement une année complète de revenus. Lors de la première année, le délai de jouissance doit être intégré dans le calcul du rendement réellement susceptible d’être perçu.
Le rendement et le capital d’une SCPI ne sont par ailleurs pas garantis. La performance passée ou le taux de distribution publié ne permettent pas de prévoir avec certitude les revenus futurs.
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Maxime KEROYANT
Rédacteur web, spécialisé en économie, finance et gestion de patrimoine.
Suite à une formation en commerce, je me suis spécialisé dans la rédaction pour le web. Aujourd'hui, je vous fournis les conseils et informations nécessaires pour vos projets, je vous tiens également informé sur des sujets divers et variés : immobilier, finance et économie !
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