Dividende : qu’est-ce que c’est, comment en toucher et quelle est sa fiscalité ?
Placer ses capitaux en bourse n’est pas une action désintéressée. Un investisseur acquiert des titres en bourse afin de générer des gains. Pour ce faire, il dispose de deux moyens : effectuer une plus-value sur l’achat et la vente de titre ou récolter les dividendes. Nous allons nous intéresser aux dividendes perçus par un investisseur : à quoi correspondent-ils ? La distribution de dividendes est-elle obligatoire ? Sont-ils imposables ? Selexium vous explique leur fonctionnement et leurs caractéristiques.
Comment obtenir des dividendes suite à la détention d’action ?
Les dividendes correspondent au montant perçu par les actionnaires d’une entreprise suite à leur détention d’une ou plusieurs actions de cette même entreprise. Ce montant est prélevé sur les bénéfices réalisés par la société au cours de l’année, afin de compenser l’effort de capital effectué par les actionnaires. Néanmoins, le versement des dividendes n’est pas une obligation. En fonction de l’entreprise et de sa situation, il peut être décidé de ne pas verser de dividendes aux actionnaires, ou de verser une somme moindre. Les dividendes ne sont donc pas un revenu fixe et obligatoirement dû aux investisseurs : ils ne correspondent pas à une source fiable de revenu.
La détention d’actions par un investisseur se fait par l’intermédiaire d’une « enveloppe », c’est-à-dire un support permettant l’acquisition et la conservation de titres financiers. Trois enveloppes principales coexistent :
- Le compte-titre ordinaire, ouvert à tous les titres et sans plafond,
- Le Plan d’épargne en action (PEA), réservé aux actions européennes et plafonné à 150 000 € de versements,
- Et les contrats d’assurance-vie ou les plans d’épargne retraite (PER), qui donnent accès aux actions par l’intermédiaire d’unités de compte.
Les dividendes sont versés sur l’enveloppe utilisée et c’est elle qui détermine leur traitement fiscal.
Les entreprises qui versent des dividendes
Les entreprises ne sont pas dans l’obligation de verser des dividendes à leurs actionnaires. Dans les faits, le nombre de sociétés décidant de verser des dividendes est assez réduit. La majorité des entreprises qui décident de détacher une partie de leurs liquidités sont des sociétés de rendement ou d’importantes capitalisations. Certaines entreprises sont spécialisées dans le versement de dividendes. Elles sont surnommées les « aristocrates du dividende » et doivent répondre à plusieurs critères : une capitalisation boursière supérieure à 3 milliards de dollars, un volume d’échanges journaliers supérieur à 5 millions de dollars et des dividendes croissants depuis 25 ans.
À Savoir
Une entreprise a très peu d’intérêt à arrêter le versement de dividendes. L’arrêt brutal du détachement donne une mauvaise image de la santé économique de l’entreprise aux autres acteurs des marchés boursiers.
Le versement de dividendes est un critère pour savoir quelle action choisir : le « stock picking ». Pour déterminer si une entreprise verse des dividendes, il est nécessaire de se reporter au bilan comptable de celle-ci, dans le compte 457 intitulé « associés – dividendes à payer ». Voici, à titre indicatif, une petite liste non exhaustive de sociétés inscrites au CAC 40 et ayant délivré des dividendes en 2026 pour l’exercice 2025 :
- Air Liquide : 3,70€ par action
- AXA : 2,32 €
- Bouygues : 2,10 €
- Danone : 2,25 €
- L’Oréal : 7,20 €
- Legrand : 2,38 €
- Orange : 0,75 €
- Schneider Electric : 4,20 €
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Les dividendes exceptionnels
Les dividendes sont liés à l’activité économique de l’entreprise, au sein de son secteur d’activité, pour une période donnée. Il est toutefois possible que l’entreprise connaisse des bénéfices suite à des activités n’étant pas en rapport avec son champ d’action initial. Cela peut concerner notamment :
- La fusion de l’entreprise avec une autre société.
- La cession d’une filiale de l’entreprise à une autre société.
- La réalisation de bénéfices très importants sur une année.
- Une plus-value réalisée sur des actifs de l’entreprise.
Le caractère exceptionnel de ces réalisations peut amener l’entreprise à verser un dividende exceptionnel à ses actionnaires. Comme toute distribution, celui-ci est décidé par l’assemblée générale. Une entreprise peut également verser un acompte sur dividende, c’est-à-dire une somme distribuée avant l’approbation des comptes de l’exercice. C’est le seul cas où la décision revient à la direction (conseil d’administration, directoire ou gérant) et non à l’assemblée. Deux conditions s’imposent alors :
- Un bilan établi en cours ou en fin d’exercice et certifié par un commissaire aux comptes doit faire apparaître un bénéfice,
- Et le montant de l’acompte ne peut excéder ce bénéfice. Un acompte excédentaire constitue, en effet, un dividende fictif, susceptible de restitution.
Dans tous les cas, la mise en paiement doit intervenir dans un délai maximal de neuf mois après la clôture de l’exercice, sauf prolongation accordée par décision de justice.
Le fonctionnement de leur perception
Les dividendes ne sont donc pas une obligation relative à la détention d’action. Le choix de verser ou non des dividendes, ainsi que le montant de ces derniers, est pris par les actionnaires lors de l’Assemblée Générale de l’entreprise. Ils doivent choisir si l’entreprise doit :
- Verser des dividendes aux actionnaires sous forme de liquidités.
- Les verser sous la forme de nouvelles actions.
- Ne pas verser de dividendes et réinvestir les bénéfices au sein de l’entreprise.
Pour verser les dividendes aux actionnaires, l’entreprise doit prélever sur les bénéfices réalisés au cours de l’année. Dans le cas où l’entreprise est déficitaire, ou que les bénéfices ne sont pas assez élevés pour supporter les dividendes, l’entreprise puise dans ses réserves de liquidités. Il est donc important pour les actionnaires d’effectuer le bon arbitrage. D’un côté, ils peuvent récupérer des dividendes pour se rémunérer, mais laisser des liquidités quitter l’entreprise et potentiellement la mettre dans une situation délicate. De l’autre côté, ils réinvestissent les gains et ne perçoivent aucune rémunération immédiate, mais l’action n’est pas amputée par le détachement : la trésorerie reste dans l’entreprise qui peut financer de nouveaux projets et, si ceux-ci réussissent, faire progresser le cours.
À savoir
Lors du versement des dividendes aux actionnaires, également appelé « détachement du dividende », le cours de l’action baisse mécaniquement. La raison est comptable avant d’être boursière : la somme distribuée quitte la trésorerie de l’entreprise, dont la valeur diminue d’autant. Une action qui donnait droit à un dividende de 3 € la veille ne le donne plus le lendemain et vaut donc environ 3 € de moins. Ce n’est pas un mouvement de marché mais un ajustement technique : le jour du détachement, Euronext abaisse le cours de référence à l’ouverture du montant du dividende. Un actionnaire n’y perd rien, il détient une action moins chère et le dividende correspondant, mais un investisseur qui achèterait le titre la veille du détachement dans l’espoir d’« encaisser » le dividende ne réaliserait aucun gain, seulement une avance de trésorerie fiscalisée.
La fiscalité des dividendes
Depuis le 1er janvier 2026, les dividendes sont soumis, par défaut, à une taxation forfaitaire globale de 31,4 %, composée de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux. Le contribuable peut toutefois opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu pour l’ensemble de ses revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières concernés.
La fiscalité des dividendes dépend de l’enveloppe dans laquelle les actions sont détenues, et donc dans quelle enveloppe les dividendes sont versés. Certaines enveloppes, telles que le PEA et le contrat d’assurance-vie, offrent des régimes fiscaux avantageux, mais depuis 2026 ces régimes ne sont plus identiques.
Dans un PEA, les gains ne sont taxés qu’au moment d’un retrait ou de la clôture du plan. Après 5 ans, ils échappent totalement à l’impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux restent dus, au taux de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026. Le PEA est donc concerné par la hausse de la CSG intervenue cette année.
L’assurance-vie en est au contraire expressément exclue : ses gains restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux. Après 8 ans de détention, ils bénéficient en outre d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple, puis d’un taux d’impôt sur le revenu ramené à 7,5 % sur la fraction correspondant à des versements n’excédant pas 150 000 €.
Dans le cadre d’une perception de dividendes par l’intermédiaire d’un compte-titre, la fiscalité à l’œuvre est celle des revenus mobiliers. Ainsi, en fonction de sa situation, l’investisseur doit effectuer un choix entre deux types d’imposition pour ses dividendes :
- Le Prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé flat tax, dont le taux global s’élève à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, contribution de solidarité). Ce taux est forfaitaire au sens où il ne dépend ni du montant des dividendes perçus, ni de la tranche marginale d’imposition du foyer. Il s’applique aux dividendes ainsi qu’aux autres revenus de capitaux mobiliers logés dans un compte-titre : intérêts, plus-values de cession de valeurs mobilières, gains sur actifs numériques.
- Le barème progressif d’imposition ; le montant de l’imposition est déterminé en fonction des revenus et du quotient familial.
À savoir
L’assurance-vie n’est pas la seule enveloppe bénéficiant d’une exception à la hausse des prélèvements sociaux intervenue au 1er janvier 2026. Restent notamment soumis au taux de 17,2 % les intérêts et primes d’épargne des CEL ouverts jusqu’au 31 décembre 2017, ainsi que les intérêts des PEL ouverts jusqu’à cette date pendant les 12 premières années du plan. Les produits, rentes viagères et primes d’épargne des PEP bénéficiant de l’exonération d’impôt sur le revenu restent également soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux. En revanche, les intérêts des PEL et CEL ouverts à compter du 1er janvier 2018 sont soumis en 2026 à 18,6 % de prélèvements sociaux et sont imposables à l’impôt sur le revenu à 12,8 % par défaut, soit une taxation forfaitaire globale de 31,4 %.
Tous les dividendes de source étrangère sont imposables en France. Le PFU est le régime d’imposition qui s’applique par défaut. Tout contribuable domicilié fiscalement en France peut toutefois opter pour le barème progressif en cochant la case 2OP du formulaire 2042. L’option est globale et vaut pour l’ensemble de ses revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année. Les dividendes bénéficient alors d’un abattement de 40 %, à condition que la société distributrice soit soumise à l’impôt sur les sociétés et ait son siège en France, dans l’Union européenne, ou dans un État lié à la France par une convention fiscale. Dans ce cas précis, seuls 60 % du dividende brut sont soumis au barème, les prélèvements sociaux restant calculés sur la totalité.
Les dividendes de source étrangère doivent être détaillés sur le formulaire 2047 « Déclaration des revenus encaissés à l’étranger », puis reportés sur la 2042 : en case 2DC s’ils sont éligibles à l’abattement de 40 %, en case 2TS dans le cas contraire (dividendes de REIT, sociétés d’un État sans convention). L’impôt déjà prélevé à l’étranger ouvre droit à un crédit d’impôt, à porter en case 2AB de la 2042 ou en case 8VL de la 2042 C selon que l’établissement payeur est français ou étranger : c’est ce crédit qui évite la double imposition.
À Savoir
Jusqu’en 2017, les gains issus de capitaux mobiliers étaient soumis à un acompte : l’impôt sur ces revenus était prélevé directement à la source lors du versement par le courtier ou le banquier. Le taux de retenue sur les dividendes s’élevait alors à 21 %. En 2018, avec la mise en place du PFU, le taux de cet acompte a été ramené à 12,8 %, le taux d’imposition normal du PFU. Un foyer fiscal dont les revenus fiscaux de l’année N-2 sont inférieurs à un certain seuil peut demander une dispense de cet acompte.
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