Taux d’intérêt toujours plus bas : bonne ou mauvaise nouvelle ?

Publié le 16 Avr 2021

horloge Lecture de 2 min.

Rédigé par Aurélie Prats

Thématique : Crédit

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Malgré le rebond de l’épidémie de Covid-19, les taux d’intérêt continuent d’afficher des niveaux historiquement bas. Cette stratégie de maintien des taux bas annonce-t-elle des perspectives économiques optimistes ? Cette politique a-t-elle des effets pervers sur l’octroi de crédits immobiliers ? Le point sur la situation.

Un coup de pouce pour le marché de l’immobilier

À l’instar des prix bas sur les produits que nous achetons au quotidien, les taux d’intérêt historiquement bas retiennent nécessairement l’attention des investisseurs. Il s’agit de profiter de l’occasion qui ne se représentera peut-être pas deux fois. Autrement dit, les taux d’intérêt bas incitent les Français à se lancer dans des projets immobiliers.

La politique de maintien des taux directeurs bas, voulue par la Banque centrale européenne (BCE) a donc un effet positif sur le marché de l’immobilier. En effet, les taux historiquement bas stimulent indirectement la demande de logements. Attention, les taux d’intérêt bas ne sont pas la seule cause du regain d’intérêt des Français pour l’immobilier. La crise du Covid-19 et les confinements successifs ont également joué un rôle déterminant dans la reprise du secteur qui reste toutefois fragile.

Les emprunteurs modestes exclus du crédit

Si les taux bas ont, certes, contribué à stimuler la demande de crédits immobiliers, ce n’est pas pour autant que plus de crédits ont été accordés durant cette période. Bien au contraire. Selon l’Observatoire du Crédit Logement/CSA, la production de crédits est en baisse. Le nombre de prêts bancaires accordés, entre mars 2020 et février 2021, a chuté de 20,3 % par rapport à la même période l’année dernière. En revanche, on observe un allongement de la durée d’emprunt (232 mois en février contre 227 mois en janvier).

Malgré la demande croissante, la demande de crédit reste affectée par les conséquences économiques et sociales liées à la crise de Covid-19. Les établissements bancaires sont plus frileux et durcissent les conditions d’emprunt (apport personnel, situation professionnelle de l’emprunteur, …). De plus, la Banque de France a, au second trimestre 2021, abaissé les taux d’usure, protégeant ainsi le système bancaire du surendettement des ménages. Conséquence de ce mécanisme : le plafond du taux annuel global (TAEG), qui sert de référence pour l’octroi des crédits immobiliers, baisse. De ce fait, certaines ménages sont donc pénalisés et ne peuvent plus prétendre à un prêt immobilier. Sont concernés : les emprunteurs modestes et ceux dont le taux d’assurance est très élevé. Face aux risques de l’effet ciseaux, les banques prennent donc davantage de précautions.

Les taux bas à l’épreuve de la croissance

La politique des taux directeurs bas n’est pas sur le point de se terminer, bien au contraire. Malgré les rebonds épidémiques dans différentes zones du globe, l’activité économique mondiale reste dynamique ce qui pousse les experts à envisager des perspectives favorables. En effet, les éléments permettant de parier sur une croissance future ne manquent pas : consommation soutenue liée à l’envie de retrouver une vie normale, épargne abondante des ménages, investissement des entreprises en hausse. Les campagnes de vaccination stimulent les indicateurs de confiance aux Etats-Unis et en Europe. L’activité économique reste tirée par la Chine, moteur de la croissance mondiale.

Ce contexte plutôt optimiste permet donc aux Banques Centrales de rester confiantes tout en étant prudentes. Elles estiment que l’inflation observée est conjoncturelle et provisoire. Une situation qui devrait évoluer d’ici la fin de l’année. Toutefois, les taux bas vont rester de mise encore quelques trimestres au moins. En effet, compte tenu de l’endettement des Etats, les Banques Centrales ne peuvent pas se permettre une remontée trop rapide des taux. Le coût engendré par une telle décision ne serait pas supportable et viendrait déstabiliser le fragile équilibre à l’origine de perspectives plus optimistes.

En résumé

  • Le maintien des taux d’intérêt bas est une bonne nouvelle pour le marché de l’immobilier. Ce phénomène incite les Français à se lancer dans des projets immobiliers.
  • En revanche, la hausse de la demande de crédits et les taux bas ne jouent pas en faveur de tous les profils d’emprunteurs. Certains sont exclus du crédit à cause du durcissement des conditions posées par les établissements bancaires.
  • Les taux d’intérêt devraient rester durablement bas. En effet, la politique des Banques Centrales ne devrait pas évoluer avant d’entrevoir une véritable reprise économique mondiale. Cependant, les experts sont optimistes sur ce point.

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Aurélie Prats

Directrice Pôle Courtage

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