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Rénovation énergétique et stations balnéaires : qui sont les mauvais élèves ?

Publié le 15 Juin 2023

horloge Lecture de 4 min.

Rédigé par Maëva Floricourt

Thématique : Actualités

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Les données de l’Agence de la transition écologique sont sans appel : plus de 25 % des résidences situées dans les stations balnéaires les plus prisées sont énergivores. En utilisant ces données, Effy, spécialisée dans les travaux de rénovation énergétique pour les particuliers, a établi un classement des villes balnéaires détenant le plus de passoires thermiques. Voici un aperçu de la situation et le résultat de ce classement.

Noirmoutier, Trouville et Deauville : les derniers du classement

Effy, spécialiste en ligne de la rénovation énergétique, a établi un classement des 50 plus grandes stations balnéaires les plus énergivores. Pour ce faire, il a identifié les villes côtières possédant le taux d’équipements hôteliers le plus élevé. Ce classement est basé sur l’évaluation des logements labellisés F et G, selon la base de données des Certificats de Performance Énergétique (DPE) fournie à l’Ademe depuis juillet 2021.

En tête de liste se trouvent Noirmoutier, Trouville et Deauville, avec plus de 40 % de leurs logements classés énergivores (F et G). Ramatuelle suit de près avec 30 %. Parmi les autres stations balnéaires notables figurent Royan, Berck et Dinard, où plus d’un logement sur quatre (entre 28 % et 25 %) est également énergivore.

La Côte d’Azur et la Corse : les bons élèves

D’après cette étude, parmi les 50 principales destinations balnéaires en France, 33 villes ont un taux de passoires énergétiques inférieur à la moyenne nationale qui est de 17 %.

17 %

Taux moyen national de logements considérés comme des passoires énergétiques

Les trois premières destinations côtières ayant les taux les plus bas, entre 4 et 5 %, sont Les Saintes-Maries-de-la-Mer, Mandelieu-la-Napoule et Ajaccio. Ensuite, on retrouve Fréjus, Porto-Vecchio et Antibes, avec des taux de passoires énergétiques de 6 à 7 %.

La prédominance des passoires thermiques dans les villes côtières


Dans les années 1960-1970, la France est en pleine croissance économique et tous les secteurs sont concernés. Apparition de la 4e semaine de congés payés, généralisation de la voiture comme mode de transport : le contexte est idéal au développement urbain. C’est précisément ce qui a favorisé la construction massive de logements de vacances dans les zones côtières.

D’ailleurs, les statistiques ministérielles diffusées en juillet 2022 mettent en exergue ce lien entre les logements construits à cette période et les passoires énergétiques.

  • 33,4 % des logements construits avant 1948 sont énergivores ;
  • 25,6 % pour les biens construits entre 1948 et 1974 (à noter que 1974 est l’année d’entrée en vigueur de la première réglementation thermique) ;
  • 10,6 % des bâtiments construits entre 1975 et 1988 présentent une performance énergétique évaluée à F ou G selon le diagnostic de performance énergétique (DPE).

On constate donc l’impact des réglementations thermiques sur la performance énergétique des bâtiments. Les normes de construction de plus en plus strictes ont contribué à réduire le nombre de logements énergivores au fil du temps. Cependant, il reste encore un défi important à relever pour réduire l’empreinte carbone : rénover les anciens bâtiments et améliorer leur efficacité énergétique.

Le chiffre clé

33,4 %

Part de logements énergivores construits avant 1948

Le chiffre clé

25,6 %

Part de logements énergivores construits entre 1948 et 1974

Le chiffre clé

10,6 %

Part de logements énergivores construits entre 1975 et 1988

La pression de la rénovation énergétique se renforce pour les locations longues durées


La pression de la rénovation énergétique pèse de plus en plus lourd sur les épaules des villes avec un parc de logements particulièrement énergivore. En effet, afin de rester louables après 2025, ces logements devront au minimum atteindre la classification F du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE).

À savoir

L’objectif du Gouvernement sur le long terme est de retirer du marché de la location longue durée les logements n’obtenant pas, au moins, la note D.

Ces travaux sont plus complexes pour certains logements que pour d’autres et notamment pour ceux qui possèdent une architecture historique et distinctive. Il arrive aussi que les réglementations environnementales et les critères architecturaux entrent en conflit. À noter que dans les cas de rénovation au sein de communes classées, la rénovation énergétique peut alors passer par d’autres postes que l’isolation extérieure, tels que l’isolation des combles ou des murs intérieurs, par exemple.

« Dans des communes classées, il arrive que des mairies refusent l’isolation par l’extérieur.»

Audrey Zermati, Directrice stratégie d’Effy

Les autres mesures pour éradiquer les passoires thermiques

Depuis août 2022, un gel des loyers s’applique aux logements classés F et G lors du renouvellement du bail ou de la remise en location. De la même manière, il est désormais obligatoire de réaliser un audit énergétique lors de la vente d’un bien considéré comme étant une passoire énergétique (classé F ou G). Cet audit est à fournir à tout potentiel acquéreur et ce, dès sa première visite. À partir de 2025, les logements classés E seront également soumis à cette exigence. Ces mesures visent à protéger les locataires contre des factures d’énergie excessives et à donner aux propriétaires le temps nécessaire pour rénover les logements qu’ils louent.

Une proposition de loi pour les locations saisonnières bientôt en pourparlers

Aujourd’hui, la pression pour la rénovation énergétique ne s’applique pas aux locations saisonnières. Cependant, Annaïg Le Meure, députée du parti Renaissance, a annoncé vouloir soumettre une proposition de loi imposant aux locations saisonnières les mêmes obligations de rénovation énergétique que les locations à long terme. Cette proposition de loi, initialement prévue pour être débattue à l’Assemblée nationale le 12 juin, a été reportée. Selon la députée, il faudra attendre octobre pour que celle-ci soit à l’ordre du jour dans l’hémicycle. Ce projet de loi est en réalité dans la continuité des déclarations du ministre du Logement, Olivier Klein, qui, dès l’automne 2022, a exprimé son intention d’étendre l’interdiction de location des passoires thermiques aux meublés touristiques.

À savoir

Selon SeLoger, en 2022, la proportion de logements énergivores (classés G+) mis en vente sur le marché était de 19,2 %, ce qui représente une augmentation de huit points par rapport à 2020.

En résumé

  • Les stations balnéaires de Noirmoutier, Deauville et Trouville font partie des plus énergivores selon le classement d’Effy ;
  • À l’inverse, la Corse et la Côte-d’Azur sont les destinations balnéaires avec un taux de passoires énergétiques inférieur à la moyenne nationale ;
  • La concentration de passoires thermiques dans certaines villes côtières s’explique par l’évolution de l’urbanisme en France ;
  • L’interdiction à la location des logements avec un DPE classé D est l’objectif du Gouvernement ;
  • Une proposition de loi exigeant les mêmes obligations aux locations saisonnières qu’aux locations longue durée sera bientôt en pourparlers à l’Assemblée nationale.

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Maëva Floricourt

RÉDACTRICE WEB, SPÉCIALISÉE EN ÉCONOMIE, FINANCE ET GESTION DE PATRIMOINE

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