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Livret A : comment l’épargne réglementée des Français va-t-elle financer le nucléaire ?

Publié le 18 Mar 2026

horloge Lecture de 2 min.

Thématique : Actualités

Rédigé par Elodie FUENTES

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Le 12 mars dernier, le Gouvernement a confirmé que le programme EPR2 serait financé à hauteur de 60 % par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts. Le Livret A, mais aussi le LDDS et le LEP, bien que délaissés par les épargnants, faute de taux attractifs, serviront à l’élaboration de ce nouveau chantier nucléaire. Emmanuel Macron vise un investissement d’ici fin 2026, pour une première mise en service à l’horizon 2038.

L’essentiel

  • Le programme EPR2 sera financé à 60 % par le fonds d’épargne.
  • Le Livret A, le LDDS et le LEP sont mobilisés.
  • Pour les épargnants, rien ne change dans leur épargne.
  • L’argent reste disponible, garanti par l’État et défiscalisé.

60 % du nucléaire financé par l’épargne réglementée

C’est au cours de son déplacement pour le conseil de politique nucléaire organisé sur le site EDF de la centrale de Penly, en Seine-Maritime, qu’Emmanuel Macron a officialisé son nouveau programme de financement du nucléaire, en partie par le biais d’un financement public. Un choix du lieu de rassemblement qui n’est pas anodin. Mais alors qu’en est-il ? Le « chantier du siècle » comme le surnomme l’exécutif, a pour but de développer le parc nucléaire français d’ici 2038. 6 réacteurs EPR2 mobiliseront donc les ressources du Fonds d’épargne (actuellement consacré en grande partie au logement social), lequel centralise une part importante de l’épargne réglementée issue du Livret A, du LDDS et du LEP. Il s’agit donc d’une stratégie de financement de très long terme, adaptée aux besoins industriels du programme EPR2 visant à servir les ambitions de souveraineté énergétique du pays, motivées par le contexte géopolitique actuellement en tension.

4 milliards €/an

Le montant du prêt soutenu par le fonds d’épargne réglementé destiné au projet EPR2 (sur 15 ans).

Cette orientation s’inscrit dans le rôle déjà confié au Fonds d’épargne. La Caisse des Dépôts rappelle qu’il transforme une partie de l’épargne réglementée en prêts à long et très long terme, pouvant aller jusqu’à 80 ans, permettant de financer des projets d’intérêt général. Une autre partie des ressources est investie en actifs financiers afin de contribuer à la rémunération de l’épargne et d’en assurer la liquidité.

Toutefois, c’est à la Commission européenne, doublée d’une garantie de l’État accordée en loi de finances, qu’il revient de décider de l’avenir de ce programme financier. Par ailleurs, le projet fait déjà débat auprès des acteurs de l’immobilier et des classes politiques opposées et inquiète quant aux répercussions sur le financement du logement social, ce à quoi le Gouvernement réagit.

Même si nous finançons les EPR, on aura toujours assez d’argent pour financer le logement social ou les collectivités locales

Propos tenus sur France Inter par Olivier Sichel, Directeur de la Caisse des dépôts.

Quel changement pour l’épargne des Français ?

Pour les détenteurs d’un livret d’épargne réglementé, cette annonce n’a aucun impact sur la mobilisation de leur épargne sur leur livret. En effet, les produits financiers réglementés comme le Livret A restent une épargne encadrée par l’État, comme leur nom l’indique. Leur taux, fixé par les pouvoirs publics, ainsi que les sommes déposées par les épargnants, restent disponibles à tout moment. Quant aux intérêts générés, ils demeurent exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et le capital est toujours garanti par l’État.

1,5 %

Le taux du livret A au 1er février 2026.

Concrètement, ce n’est pas le Livret A dans sa qualité de placement financier qui change. L’évolution s’opère sur l’utilisation d’une partie de l’épargne centralisée au niveau institutionnel. En clair, pour l’épargnant, cela ne remet pas en cause la disponibilité de son argent, ni la rémunération prévue dans le cadre actuel du produit d’épargne.

Lorsqu’un épargnant dépose de l’argent sur un Livret A ou un autre livret d’épargne réglementé, il ne choisit pas directement l’affectation précise de son argent. Une partie de son épargne est centralisée par la Caisse des Dépôts, qui la mobilise ensuite pour financer différentes politiques publiques ou projets d’intérêt général (comme le logement social). Dans ce cas, c’est précisément le projet énoncé par Emmanuel Macron destiné à financer le nucléaire.

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Elodie FUENTES

Rédactrice web, spécialisée en économie, finance et gestion de patrimoine

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