Le livret A au service du climat ?

Publié le 08 Août 2020

horloge Lecture de 3 min.

Rédigé par Julie François

Thématique : Placements financiers

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Un rapport parlementaire, remis le 22 juillet au gouvernement, propose de mieux mobiliser l’épargne des Français pour financer la transition écologique, notamment en réformant le livret A et le livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). Explications.

Le rapport parlementaire qui veut verdir l’épargne

Il a fait grand bruit depuis sa remise à Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances. Le rapport du député LREM Alexandre Holroyd est dans l’air du temps. Il regroupe 24 recommandations afin de mieux mobiliser le système financier au service de la lutte contre le changement climatique. En d’autres termes, le document, intitulé « Choisir une finance verte au service de l’Accord de Paris », propose 24 pistes pour verdir la finance au sens large. Elles s’articulent autour de trois axes majeurs : établir des outils indispensables à l’alignement des flux financiers avec les objectifs de l’Accord de Paris ; orienter l’investissement vers la transition bas-carbone ; encourager l’innovation. « La France est un des pays qui a été à l’avant-garde de ce mouvement. Ce n’est pas parce qu’on a été en avance sur le sujet, qu’on doit se reposer sur nos lauriers » a rappelé le député.

Missionné en décembre dernier, par le Premier ministre d’alors, Edouard Philippe, d’évaluer les meilleures pratiques en matière de finance verte dans l’Union européenne, Alexandre Holroyd a réalisé plus de 150 auditions auprès d’acteurs de l’écosystème financer, tels que des fédérations, des ONG, des banques ou encore des institutions. Il a également visité plusieurs capitales vertes, comme Stockholm ou Amsterdam. La conclusion de ce travail est la nécessaire mobilisation des acteurs financiers comme non-financiers pour la transition écologique.

«On ne réussira pas la transition écologique sans mobiliser l’épargne privée.»

Alexandre Holroyd, député LREM des Français établis hors de France.

Réformer le livret A pour financer la transition écologique

Parmi les propositions phares de ce rapport, celle de réformer l’un des placements préférés des Français : le livret A. Ou plus exactement de transformer à la fois le livret A et le livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) pour mieux orienter l’épargne des Français. Le député Alexandre Holroyd propose deux options complètement différentes :

  • Soit fusionner les deux produits d’épargne : la fusion permettrait d’adjoindre, au fonctionnement déjà identique de ces deux produits, une trajectoire pluriannuelle « au terme de laquelle l’intégralité des utilisations faites des encours devra répondre à un impératif de transition ».
  • Soit établir une séparation plus claire entre les deux produits : ce choix permettrait de concentrer le LDDS sur la transition écologique en posant des conditions d’utilisation allant dans ce sens.

Pour une mutation réussie, le député préconise également de créer un nouveau label ainsi qu’un institut permettant de mieux guider les investisseurs dans leurs choix. L’objectif de ces propositions est de mettre en place de véritables outils de financement de la transition écologique. Une initiative saluée par la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili : « Il faut absolument que les investissements privés suivent le même chemin et que la finance verte change d’échelle. Les propositions d’Alexandre Holroyd vont permettre d’avancer dans cette direction. »

L’engouement des épargnants pour le livret A ne faiblit pas

Ces dernières années, l’épargne des Français a explosé, mais ces fonds contribuent peu à l’émergence d’une économie plus durable. Le confinement imposé par la crise de Coronavirus et l’incertitude liée à la situation économique ont boosté les dépôts sur les livrets. Ainsi, au mois d’avril, premier mois plein durant le confinement, la collecte nette sur le Livret A a atteint 5,47 milliards d’euros, un record depuis dix ans.

40 %

C’est le taux d’épargne des Français enregistré en avril 2020, durant le confinement.

La même tendance a été observée pour le LDDS ces derniers mois, alors que la rémunération de ces produits d’épargne a atteint son taux plancher en février. Cette frénésie d’épargne est telle qu’elle inquiète les économistes et les pouvoirs publics, car il s’agit d’autant d’argent qui n’est pas réinvesti dans l’économie. Déjà avant la crise, les parlementaires avaient commencé à réfléchir à des pistes pour réorienter l’épargne de précaution des Français. C’est désormais chose faite.

En résumé

  • Un rapport parlementaire regroupe 24 recommandations pour mieux mobiliser l’épargne des Français dans le but de financer la transition écologique.
  • L’une des propositions est de réformer le livret A et le LDDS soit en les fusionnant, soit en les séparant complètement dans leurs conditions d’utilisation.
  • Le livret A et le LDDS restent les deux produits phares de l’épargne disponibles des Français. En 2020, la collecte nette a atteint des records, en partie du fait du confinement.

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Julie François

Rédactrice spécialisée en gestion de patrimoine, économie, finances

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