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Fin des chaudières à gaz en 2026 : une interdiction qui retombe comme un soufflé

Publié le 20 Juin 2023

horloge Lecture de 4 min.

Rédigé par Thomas Saint-Antonin

Thématique : Actualités

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Le remplacement de votre vieille chaudière à gaz par une nouvelle pourrait être interdit dès 2026 au profit d’alternatives plus vertes. Un investissement coûteux et pas sans conséquences sur votre consommation électrique.

Mise à jour le 04/08/2023

La fin des chaudières à gaz, ce n’est pas pour maintenant

Les vieilles chaudières à gaz étaient dans le viseur du Gouvernement. La Première ministre Elisabeth Borne avait évoqué l’échéance de 2026 pour interdire leur remplacement par un nouveau modèle au gaz à l’issue d’un rendez-vous avec la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Aujourd’hui, 12 millions de foyers se chauffent au gaz, soit 40 % des ménages français. Problème, c’est le deuxième mode de chauffage le plus polluant après le fioul. Alors pour y remédier et réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, l’exécutif entendait bien stopper l’installation de nouvelles chaudières à gaz, sans demander à remplacer pour autant obligatoirement celles en place. Avec un tel dispositif, une économie de 8 millions de tonnes de CO2 par an était envisagée.

Or, à l’issue de la concertation qui a duré jusqu’au 28 juillet, le gouvernement a finalement annoncé que ce sujet restera pour le moment à l’état d’idée. Deux raisons sont avancées :

  • Éviter un transfert de valeur. Une grande partie des pompes à chaleur sont produites en Asie. Interdire les chaudières à gaz reviendrait à transférer une partie de cette valeur hors de l’Europe.
  • Des raisons techniques et financières. Certains logements ne peuvent pas installer de PAC et malgré les aides, le coût de cette solution de chauffage reste tout de même très élevé.

440 000

Le nombre de nouvelles chaudières à gaz installées en France en 2022

Pour autant, le gouvernement prévoit d’inciter les ménages à opter pour des solutions de chauffage plus écologiques en supprimant les aides qui subsistaient permettant de financer les chauffages à énergie fossile. Pour l’heure, le gouvernement prévoit d’analyser les avis recueillis lors de la consultation publique sur la décarbonation du bâtiment. Il ne prévoit de communiquer ses intentions qu’en septembre, lors d’une prochaine réunion du conseil de transition écologique.

Prix, calendrier, main d’œuvre… Un objectif qui était intenable

Si le changement d’une chaudière à gaz apparaît comme une solution écologique, elle ne l’est pas forcément pour le porte-monnaie des ménages les plus modestes. En effet, une chaudière à gaz neuve coûte environ 4 000 €. En revanche, pour l’installation d’une pompe à chaleur air-eau, moins énergivore, comptez entre 8 000 et 12 000 € et jusqu’à 15 000 € pour une chaudière biomasse. De quoi refroidir plus d’un acheteur potentiel en ces temps d’inflation galopante, +5,8 % en mai 2023 sur un an. L’intérêt sur le long terme est, lui, bien présent. On estime, en effet, une économie de 30 % avec une chaudière biomasse. Autrement dit, une rentabilité réelle en moins de 5 ans.

« On ne peut pas dire qu’en 2026, on supprime la chaudière à gaz et qu’on forme 200 000 chauffagistes à la pompe à chaleur. »

Jean-Christophe Repon, président de la Capeb.

Le prix d’un équipement neuf n’est pas le seul frein. Le timing apparaît comme bien trop serré pour former correctement un nombre incalculable de chauffagistes. Techniquement, une transition aussi rapide que ce qui avait été prévu semblait de toute façon compromise. Toutes les façades d’immeubles ne sont pas adaptées à l’installation d’une pompe à chaleur pour des raisons d’accès ou encore de bruit. Une solution miracle existe-t-elle ? Difficile de répondre à cette question, mais une alternative pourrait tenir la corde : conserver les vieilles chaudières tout en modifiant le gaz utilisé. L’utilisation d’un biogaz ou d’un gaz vert pourrait permettre de réduire considérablement les émissions de CO2. De nouveaux éléments pourraient émaner de Matignon d’ici septembre.

Quel gain écologique ?

Sortir des énergies fossiles pour atteindre la neutralité carbone en 2050, comme cela est le souhait du Gouvernement est louable. Pour autant, remplacer 12 millions de chaudières à gaz par des pompes à chaleur n’est pas une mince affaire. Cette manœuvre présente-t-elle un réel intérêt écologique ? Le gain sera-t-il à la hauteur des espérances ? Pas forcément selon l’UFC Que Choisir. L’association de consommateurs estime notamment que l’installation des nouvelles pompes à chaleur va faire exploser nos émissions de gaz à effet de serre pendant plusieurs années : « En tenant compte du nombre d’équipements arrivant en fin de vie, GRDF a calculé que cela augmentera fortement la pointe électrique en hiver et nécessitera 10 gigawatts de plus en 2035, soit l’équivalent de 10 réacteurs nucléaires supplémentaires. »

Bon à savoir

Le premier réacteur pressurisé européen n’est pas encore en service. Aucun autre ne pourra l’être avant 2035, voire 2040.

Accompagner les foyers dans leur transition énergétique

Pour rappel, le bâtiment est responsable de 18 % des émissions de C0², 50 % provenant du chauffage au gaz. Pour autant, il paraît essentiel d’aider les foyers qui ne peuvent pas, faute de moyens ou de particularités techniques, installées une solution de chauffage plus écologique. Si les dernières aides qui permettaient encore d’investir dans une solution de chauffage au gaz seront bel et bien supprimées, les nouvelles modalités devraient être précisées dès la rentrée.

Même si aucun nouveau dispositif d’aide n’a été annoncé par le Gouvernement pour permettre aux plus modestes d’envisager un changement de chaudière dans les années à venir, le ministre du Logement Olivier Klein avait reconnu la nécessité d’un coup de pouce.

« 2026 est une date d’objectifs pour empêcher l’achat de nouvelles installations au gaz, mais pour ce qui est de remplacer les chaudières existantes par des pompes à chaleur, il faudra un peu plus de temps et un accompagnement ».

Olivier Klein, ministre du Logement

Plus d’accompagnement, notamment grâce à MaPrimeRénov’, l’aide à la rénovation énergétique proposée par FranceRénov’ calculée en fonction de vos revenus et du gain écologique des travaux effectués. Pour rappel, depuis le 1er janvier 2022, il n’est déjà plus possible de construire une maison individuelle avec une chaudière à gaz. La règle vaudra dès 2025 pour les logements collectifs, de facto, seules les alternatives hybrides seront autorisées.

En résumé

  • L’installation de nouvelle chaudière à gaz ne sera finalement pas interdite dès 2026 comme l’avait annoncé l’exécutif ;
  • Changer sa vieille chaudière à gaz pourrait engendrer jusqu’à 15 000 € de travaux ;
  • L’installation de nouvelles pompes à chaleur risque de faire grimper la consommation électrique en hiver ;
  • Les aides qui subventionnaient les solutions de chauffage au gaz vont disparaître ;
  • L’exécutif devrait annoncer les modalités des nouvelles aides dès la rentrée.

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Thomas Saint-Antonin

Rédacteur web, spécialisé en économie et gestion de patrimoine.

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