Dettes émergentes : 5 raisons d’investir

Publié le 27 Mar 2023

horloge Lecture de 3 min.

Thématique : Actualités

Rédigé par Tommy Pierre Pollet

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Parmi les thématiques d’investissement qui font leur retour en 2023, la dette émergente semble être l’une des plus porteuses. La réouverture de la Chine, deuxième puissance mondiale par son PIB, ou encore la décélération attendue du resserrement monétaire aux Etats-Unis devraient soutenir les marchés émergents cette année. Pourquoi le contexte est favorable à la dette des pays émergents ? 5 raisons d’investir sur la thématique.

La réouverture de la Chine

Le redémarrage économique chinois, observé depuis novembre 2022, catalysé par l’annonce de la fin de la politique zéro Covid, pourrait être un soutien de poids pour les marchés émergents. En effet, la réouverture économique du territoire, planifiée au premier semestre 2023, permettrait de doper l’activité des pays exportateurs de service que sont Hong Kong, Singapour, Taïwan, la Corée du Sud, la Malaisie ou la Thaïlande, sur son territoire. Plus largement d’autres pays d’Amérique latine comme le Pérou et le Chili, principaux exportateurs de matières premières telles que l’argent et le cuivre, bénéficieront également de la relance chinoise.

Des politiques monétaires en avance sur le cycle mondial

Les marchés émergents se distinguent par leur niveau d’inflation actuel. Plusieurs banques centrales de pays émergents ont agi de manière extrêmement rapide et massive sur leur taux pour contenir les pressions inflationnistes. Désormais les niveaux observés aujourd’hui ont atteint un point haut, ce qui leur confère un avantage comparatif par rapport à leurs homologues des pays développés. À ce titre, le positionnement sur des durations longues au sein de marchés connaissant un pic d’inflation dans un environnement budgétaire maîtrisé semble à privilégier. Le Brésil, la République tchèque, la Pologne, le Chili apparaissent en avance sur le cycle de resserrement monétaire mondial et devraient par conséquent être les premiers à initier leur cycle d’assouplissement monétaire ce qui serait favorable aux nouveaux investisseurs.

Le retour à la diversification

De multiples raisons, dont les anticipations d’inflations actuelles, peuvent expliquer le retrait des investisseurs sur les valeurs américaines. Les marchés financiers mondiaux, qui peuvent être présentés comme un jeu de vases communicants, devraient voir, ainsi, revenir les investisseurs sur la thématique émergente par souci de diversification. En effet, ceux-ci pourraient arbitrer en faveur de valeurs jusqu’ici moins représentées dans leur portefeuille, comme en attestent les niveaux de collecte enregistrés depuis le début de l’année sur les fonds émergents. Cette modification des comportements entraînerait, par conséquent, un flux de liquidité entrant sur les marchés émergents.

L’affaiblissement du dollar

Les devises émergentes devraient bénéficier de l’affaiblissement annoncé du dollar. La fin annoncée du cycle de resserrement monétaire de la Fed qui s’explique par le repli observé des anticipations d’inflation réduit également l’incertitude des investisseurs vis-à-vis de classes d’actifs plus risquées, notamment la dette souveraine externe en dollar. Néanmoins la profondeur du marché reste à ce jour limitée comme en témoigne les faibles montants nets d’émission de dettes externes. À noter, que ce déficit d’offre sur le marché primaire représente évidemment un soutien pour le marché secondaire des dettes émergentes.

Le rendement est de retour

Après le krach obligataire de 2022, supérieur par ses variations à celui observé en 1994, le retour de la volatilité sur les marchés bénéficie indéniablement aux valeurs les plus dynamiques dont la dette de pays émergents. En revanche, cela nécessite pour les investisseurs d’être particulièrement vigilants dans la sélectivité de ces actifs. À ce titre, le crédit de bonne qualité, que l’on pourrait matérialiser par le segment supérieur de la cotation dite « high yield », c’est-à-dire supérieur à la notation BB, reste à privilégier.

En conclusion, l’univers macroéconomique actuel et futur apparaît favorable à la détention de dettes émergentes. Toutefois, il est important de rappeler que les pays émergents présentent, de par leurs caractéristiques idiosyncratiques (économique, politique, sociale), une sensibilité aux externalités importante : impact du tremblement de terre en Turquie, protestation sociale au Pérou, instabilité politique en Equateur etc. Certains des avantages énoncés en amont pourraient être remis en question par un contexte de croissance plus compliqué dans les marchés développés. À l’image du sort de certaines banques américaines, le resserrement des conditions financières pourrait également faire remonter à la surface le risque de défaut de certains émetteurs vulnérables.

En résumé

  • La réouverture économique de la Chine devrait doper l’activité de certains pays voisins, ainsi que celle de certains pays d’Amérique du Sud ;
  • Les banques centrales des pays émergents ont été plus rapides pour mettre en place des mesures permettant de contenir la pression inflationniste, leur offrant désormais un avantage par rapport aux pays développés ;
  • Les investisseurs se retirant actuellement des valeurs américaines, ils devraient se tourner rapidement vers la thématique émergente, faisant entrer un flux de liquidités important sur ces marchés ;
  • L’affaiblissement du dollar est annoncé et devrait bénéficier aux devises émergentes ;
  • Si la période semble favorable à l’acquisition de dettes émergentes, attention tout de même a bien prendre en compte la sensibilité de ces marchés aux externalités.

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Tommy Pierre Pollet

Responsable Pôle Financier

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