Immobilier : comment le marché tient le cap

Publié le 04 Juin 2020

horloge Lecture de 4 min.

Rédigé par Bastien Judes

Thématique : Actualités

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Le déconfinement a alimenté de nombreuses théories sur l’évolution du marché de l’immobilier. Certains experts ont prédit un krach imminent, d’autres une simple baisse des prix, quelques-uns ont préféré parier sur une hausse. Un mois après la première phase de déconfinement et la reprise du secteur, le marché de l’immobilier reste stable à la grande surprise de nombreux spécialistes. Explications.

Déconfinement : les vraies fausses intentions des Français

Les rumeurs relatives à la reprise du secteur de l’immobilier se sont multipliées ces dernières semaines. Des agents immobiliers croulant sous les demandes de maisons avec jardin, en passant par les témoignages de demandes de crédits avortées jusqu’aux prédictions des experts assurant une chute des prix de l’immobilier, on a pu entendre, durant le confinement, tout et son contraire. Parmi ces rumeurs, l’exil rural se retrouve en tête. Il est vrai qu’une étude de l’Insee, publiée le 18 mai 2020, affirme que plus de 45 000 Parisiens ont quitté la capitale pour se mettre au vert durant le confinement. Cependant, rien ne dit, pour le moment, que tous les citadins vont mettre les voiles vers les grands espaces une fois le danger levé.

L’envie d’espace et de nature ne manque pas, mais peu de Français sont vraiment prêts à se jeter à l’eau. En effet, la revanche de la campagne sur la ville n’est pas pour demain. Car si l’envie de jardin est une nouveauté pour les citadins, nombreux sont les autres critères importants à leurs yeux qui font pointer le curseur vers les grandes villes. Qu’il s’agisse d’une résidence principale ou d’un investissement locatif, le critère premier reste inchangé pour les investisseurs : l’emplacement. Ainsi, les commerces de proximité, les écoles, les services et l’accès aux transports en commun restent des points importants de la checklist lors de l’acquisition d’un bien immobilier. Il semblerait donc que les deux mois de confinement n’aient pas complètement changé la vision du logement qu’a la majorité des citadins.

Autre point peu évoqué durant le confinement : le principe de réalité. La question du télétravail à temps plein, sous-jacente à l’exil rural, a vite été balayée avec le déconfinement. Depuis le 11 mai, nombreux sont ceux qui ont repris le chemin du bureau, une fois les enfants repartis à l’école (même à mi-temps). Aussi, la réalité a primé et le marché de l’immobilier reflète ce retour à une situation presque identique à celle de l’avant-confinement.

Une reprise dynamique du marché de l’immobilier

Un indicateur illustre ce retour « à la normale » : les prix du marché. Depuis le déblocage de l’activité immobilière, fin avril, les prix de la plupart des grandes villes françaises continuent de grimper. Signe que les métropoles attirent toujours et que les Français sont loin d’avoir abandonné leur projet immobilier durant la crise sanitaire. Selon les données du baromètre LPI-Seloger, le prix du mètre carré dans l’ancien a augmenté de 2,6 % au cours du dernier trimestre. Une hausse, certes, légère, mais qui vient contredire les pronostics de nombreux experts.

La paralysie totale du marché durant un mois va évidemment se répercuter sur le volume de transactions, mais la baisse des ventes ne semble pas impacter le marché de l’immobilier dans les grandes métropoles. Le baromètre LPI-Seloger enregistre une baisse moyenne de 5 % dans les villes de plus de 100 000 habitants. Un chiffre à relativiser puisque certaines métropoles ne semblent pas impactées. À Paris, par exemple, en avril, pendant l’épidémie de Covid-19, le prix au mètre carré a enregistré une hausse annuelle de 5,2 %, soit 10 904 €/m².

La hausse des prix dans certaines grandes villes ne remet cependant pas en cause les projets immobiliers des Français. Les mécanismes habituels propres au secteur restent. Ainsi, selon une étude réalisée par l’Observatoire du Moral immobilier le 7 avril 2020 auprès de 4565 Français ayant un projet immobilier dans les douze prochains mois, près de 2 vendeurs sur 3 ont également un projet d’achat en parallèle.

Un effet Covid-19 à relativiser

Le marché de l’immobilier ne semble donc pas pâtir de la crise liée au Covid-19. Les séquelles de cette période, si elles perdurent, seront minimes. En effet, la hausse des prix dans la majorité des grandes villes depuis plusieurs années a déjà creusé l’écart entre les ménages modestes et les investisseurs aisés. Ainsi, ces derniers, peu impactés par la crise sanitaire et économique continuent de soutenir l’offre et la demande du marché. La plupart des Français ayant un projet immobilier avant l’épidémie de Covid-19 le maintiennent après le déconfinement, mais ont revu leurs critères concernant le type de bien. Certains préfèrent, par exemple, opter pour la banlieue afin de s’offrir une maison avec jardin plutôt qu’un appartement en centre-ville. Si on observe un glissement de la demande, cette dernière reste toutefois importante et stimule le marché.

7 futurs acquéreurs sur 10

sont confiants dans l’aboutissement de leurs projets dans les 6 prochains mois, selon une étude réalisée par l’Observatoire du Moral immobilier en avril 2020.

Côté crédit, le Coronavirus a, dans une moindre mesure, redistribué les cartes. En effet, dès le mois de février, une hausse des taux d’intérêt pointait le bout de son nez. Hausse qui s’est confirmée au mois de mars. Les mesures prises par le gouvernement et la banque centrale européenne (BCE) ont permis de maintenir les taux relativement bas. L’épidémie a donc simplement confirmé une tendance : le durcissement des conditions d’octroi des prêts immobiliers. En effet, le risque étant plus grand, les banques se sont enfin pliées à la demande émise par la BCE en décembre dernier. Cette logique ne remet pas en cause la possibilité d’obtenir un crédit immobilier, n’hésitez pas à demander conseil auprès de nos experts en courtage Selexium !

Boostés par la perspective d’un marché qui pourrait jouer en leur faveur, les acheteurs sont loin d’avoir renoncé à leur envie d’immobilier. Il y aurait donc eu plus de peur que de mal. Le marché de l’immobilier ne semble, pour le moment, pas pâtir de la crise causée par le Coronavirus. Toutefois, la France est entrée, le 2 juin, dans la seconde phase de déconfinement. Il paraît donc prématuré de tirer des conclusions hâtives sur l’évolution du marché. Une chose reste sûre : la confiance en la pierre des Français ne faiblit pas.

En résumé

  • La situation post-confinement s’avère bien différente des multiples prévisions d’experts. En effet, un fossé s’est creusé entre les envies des Français et la réalité du déconfinement.
  • Le signe majeur de bonne santé du marché réside dans l’évolution des prix de l’immobilier. Depuis avril, les prix, au lieu de baisser, augmentent dans la plupart des grandes villes de France.
  • L’épidémie a, cependant, un impact sur les projets immobiliers des Français. Nombreux sont ceux qui ont revu leur conception du logement. Les projets ont donc évolué, mais ils restent toujours un objectif à réaliser.

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Bastien Judes

Conseiller en gestion de patrimoine sur Paris

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