Euro numérique : la BCE donne son feu vert !

Publié le 09 Août 2021

horloge Lecture de 3 min.

Rédigé par Maxime Keroyant

Thématique : Actualités

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Le mercredi 14 juillet, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé le lancement de la phase d’investigation d’un euro numérique. Ce projet consiste à proposer une monnaie sans équivalent physique, uniquement numérique, afin de régler les dépenses de la vie quotidienne. Il s’agit de la plus importante mission depuis la mise en place de la monnaie unique de la zone euro, à la fin des années 1990. Découvrez les prévisions pour l’euro numérique, sa date de disponibilité et les interrogations qui subsistent.

Une solution fiable et en complément de la monnaie fiduciaire

Exhortée par le gouverneur de la Banque de France à accélérer le mouvement sur la monnaie numérique, la BCE a annoncé le 14 juillet 2021 la mise en place du projet de l’euro numérique. Ce projet débute par une période de 2 ans, nommée la « phase d’investigation ». Elle correspond à une phase d’étude qui permet de déterminer le champ d’action de l’euro numérique, d’établir les limites et de répondre aux interrogations relatives à ce projet. Il est annoncé que la mise en place finale de cette monnaie virtuelle est possible dans un délai de 5 ans, donc pour 2026.

Le projet intervient dans un contexte défavorable à l’utilisation des liquidités. En effet, la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire les pièces et les billets, est de moins en moins utilisée. Théoriquement censée faciliter les échanges instantanés et être plébiscitée pour les petits achats, la monnaie fiduciaire est de plus en plus délaissée. Les particuliers lui préfèrent les paiements par carte bancaire sans contact ou des applications qui permettent d’effectuer des virements instantanés (Lydia, Paypal, Pumpkin, etc.). La crise sanitaire a également eu un rôle important dans le processus de dématérialisation de la monnaie : il a été conseillé d’utiliser le moins possible les pièces et les billets pour les achats. Dans certains pays comme la France et l’Allemagne, connus pour leur attachement à la monnaie fiduciaire, les chiffres de son utilisation sur ces deux dernières années sont en forte baisse.

Les interrogations principales du projet

La phase d’investigation du projet a pour but de mettre en lumière les potentiels freins à la mise en circulation de l’euro numérique. Il convient également de déterminer son utilisation. Le but de l’euro numérique n’est pas de remplacer notre euro actuel. Cette nouvelle monnaie sera conçue pour suppléer celle déjà existante : l’euro numérique est un complément à l’euro « physique ». Il permettra de faciliter la réalisation des achats du quotidien en mettant directement à disposition les liquidités.

Les limites de son utilisation

De par son rôle de complément à la monnaie européenne, l’euro numérique doit avoir une utilisation limitée. Ainsi, l’instauration d’un montant limite de détention est à l’étude. La BCE évoque une somme maximale de 3 000 €, au-delà de laquelle un taux d’intérêt négatif est envisagé. De plus, il est nécessaire de déterminer par quel moyen sera effectuée la transaction et comment sera-t-elle réalisable.

La confidentialité des échanges

Les monnaies numériques existent depuis plusieurs années et sont presque toutes à l’initiative de groupes privés. Le bitcoin ou encore le Diem, la monnaie virtuelle de Facebook, sont des concurrents majeurs de l’euro numérique. La Chine a également mis en circulation sa propre monnaie numérique, le e-yuan. Pour le moment, cette solution de paiement n’est disponible que dans certaines régions du pays. Néanmoins, comme évoqué par le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, son internationalisation sera rapide et pourrait menacer la souveraineté de l’euro.

Contrairement aux solutions émanant d’entreprises privées ou autres sociétés technologiques, l’euro numérique est une conception de la BCE, une institution publique. Le projet est porté seulement dans le but de fournir de nouvelles possibilités monétaires aux particuliers. Il n’existe aucun intérêt à utiliser les données de ces particuliers. Néanmoins, il est nécessaire pour la Banque centrale européenne de trouver l’équilibre entre liberté et surveillance. Il est nécessaire de respecter la vie privée des particuliers et donc de leur laisser une liberté dans l’utilisation de l’euro numérique. Toutefois, la BCE doit surveiller que cette dernière ne soit pas utilisée à des fins illicites.

Le rôle des banques commerciales

La BCE porte ce projet de l’euro numérique. Par contre, l’institution ne doit pas se substituer aux banques commerciales : une coopération assidue est nécessaire pour la mise en place de cette nouvelle monnaie. Les banques commerciales doivent ainsi prendre part à l’élaboration de l’euro numérique afin de définir le modèle de fonctionnement et affirmer leur rôle dans la mise à disposition de cet euro aux particuliers.

L’impact écologique de l’euro numérique

La phase de consultation doit également permettre à la BCE de déterminer quelle technologie utiliser pour le stockage et la transmission des informations de transaction de l’euro monétaire. Deux technologies sont actuellement à l’étude :

  • La blockchain, la technologie utilisée principalement par les cryptomonnaies (Bitcoin, Ethereum, etc.).
  • Le TIPS, pour « Target instant payment settlement », le système de paiement instantané instauré par la BCE.

Cette question du fonctionnement de la monnaie digitale n’est pas sans conséquence. En effet, la création d’une telle monnaie nécessite de disposer de moyens suffisants pour stocker et transmettre. En conclusion, le choix de la technologie utilisée aura des répercussions d’ordre écologique avec une consommation en électricité pouvant être extrêmement importante. Ce point doit être pris en considération au cours de la consultation.

En résumé

  • La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé développer un projet de monnaie virtuelle pour l’instant appelée l’euro numérique. Cette monnaie sera un complément de celle que nous connaissons déjà.
  • La BCE tient à commencer par une phase d’investigation afin de déterminer les limites du champ d’action et de l’utilisation de cette nouvelle monnaie. Cette phase durera en théorie deux ans et sera suivie d’une phase de développement d’une durée estimée à trois ans.
  • Certains points majeurs méritent une attention toute particulière : le rôle des banques commerciales et de la BCE, la technologie utilisée, les répercussions sur l’environnement, etc.

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Maxime Keroyant

Rédacteur web, spécialisé en économie, finance et gestion de patrimoine.

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