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Succession : qu’est-ce que la donation au dernier vivant ?

Publié le 21 Oct 2020

horloge Lecture de 2 min.

Thématique : Actualités

Rédigé par Julie François

La donation au dernier vivant est parfois aussi appelée "donation entre époux". Cette solution, établie devant notaire, offre plus de choix et plus de droits : elle avantage le conjoint survivant dans la succession. Explications.

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Qui est concerné par la donation au dernier vivant ?

La donation au dernier vivant est envisageable pour les couples mariés. Elle ne s’applique pas pour les couples pacsés ou les concubins. Ils peuvent cependant réaliser un testament. En droit français, le conjoint, même marié, n’est pas un héritier réservataire. Il n’est donc pas automatiquement prioritaire dans la succession. La donation au dernier vivant permet d’augmenter la part successorale du conjoint.

Quels sont les avantages ?

La donation entre époux présente plusieurs avantages. Premier avantage et non des moindres, la donation est effective à la mort du donateur et porte sur les biens que ce dernier laisse à son décès. Autre point majeur : elle permet d’augmenter la part de l’époux dans la succession (en respectant la part réservataire des héritiers). Enfin, le conjoint survivant peut choisir de ne prendre qu’une partie de ce qui lui a été donné par le défunt. On appelle cette option : le cantonnement. La donation élargit les options et peut permettre le cantonnement sur les droits issus de la donation. Sans donation entre époux, si tous les enfants sont issus du couple, le conjoint survivant dispose du choix suivant : recevoir 1/4 de la succession en pleine propriété ou l’usufruit de la totalité. En revanche, s’il existe au moins un enfant qui n’est pas commun, cette option disparaît : le conjoint survivant recueille uniquement 1/4 en pleine propriété.

Avec la donation au dernier vivant, il est possible de laisser le choix au survivant, y compris lorsque cette méthode est utilisée pour transmettre au conjoint l’usufruit de la totalité de la succession. Le conjoint survivant peut donc décider de ne conserver que l’usufruit de certains biens et d’abandonner ses droits sur d’autres.

La donation au dernier vivant est aussi une option intéressante dans le cadre d’un second mariage. En effet, si l’époux survivant refuse une partie de la donation, elle reviendra automatiquement aux enfants du défunt, sans qu’on considère que le conjoint ait consenti à la donation. Dans le cadre d’un remariage, les enfants issus du premier mariage seront donc taxés de la même manière que si la donation leur avait été directement adressée.

Quels sont les inconvénients ?

Il faut être prudent sur l’effet report sur la transmission aux enfants. La donation au dernier vivant peut réduire la part reçue par les enfants au 1er décès (car une part plus importante est attribuée au conjoint survivant, souvent en usufruit ou sur la quotité disponible). Or, le conjoint survivant est exonéré de droits de succession. Fiscalement, cela peut engendrer un décalage sur une partie de la transmission aux enfants au 2ᵉ décès. En conséquence, les enfants utilisent moins (ou pas) l’abattement lié au parent décédé en premier, et une part plus importante peut se retrouver taxée lors du second décès. Il ne s’agit donc pas d’une double donation, mais d’un arbitrage entre protection du conjoint et calendrier/structure de la transmission, à apprécier selon la composition familiale et le patrimoine.

Comment faire une donation au dernier vivant ?

La donation au dernier vivant s’effectue à tout moment devant un notaire. Cette formalité sera ensuite inscrite au Fichier central des dispositions de dernières volontés, qui peut être consulté par tous les notaires. La donation au dernier vivant est révocable, même sans le consentement du conjoint.

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Commentaires (4)

  • Charles de Bernardy

    Quel est le délai pour contester une succession ?

    • Julie François, Rédactrice spécialisée en gestion de patrimoine, économie, finances

      Bonjour Charles de Bernardy,

      Le délai de contestation d’une succession dépend du motif de contestation.
      – Vous avez deux ans pour contester si le partage désavantage un des héritiers ou si des libéralités du testament portent atteinte à la réserve héréditaire.
      – Vous avez cinq ans pour contester si un des héritiers a été oublié lors du partage ou suite à un vice de consentement, ou enfin en cas de recel successoral.
      Les actions de contestation de succession se mènent en justice devant le tribunal de grande instance.

      Bien à vous,

  • Grisha

    Bonjour,
    Mes parents ont fais un act chez le notaire,une donation entre époux.
    Mon beau-père à des enfants de son côté et ma mère en a 4 y compris moi bien sûr.
    Ils veulent me donner une maison qui est inhabité et qui a besoin de beaucoup de travaux.
    Je sais que mon beau-père peut pas me faire une donnation,ma question est:
    Est-ce que ma mère peut me donner cette maison a-t-elle le droit ou faire un testament qui stipule que à sa mort la maison sera moi?
    Car mère célibataire je veux pas engager des travaux et que plustard on me réclame cette maison qui tombe en ruine.

    • Emilie Gardes, Rédactrice spécialisée en Economie, Finance et Immobilier

      Bonjour Grisha,

      Les règles de transmission dans le cadre d’une famille recomposée ne sont pas toujours faciles à comprendre.

      Il est à noter qu’il est possible de réunir au sein d’une même donation-partage tous les enfants d’un couple (nés de l’union ou de précédentes unions). Mais en effet, tel que vous l’avez très bien stipulé, un parent ne peut donner un bien qu’à son propre enfant (biens personnels ou biens communs appartenant au couple). Pour la donation d’un bien commun, votre beau-père doit absolument fournir son accord. Ce qui semble être le cas pour vous, aucun problème sur ce point.

      Là où un problème risque de se poser, c’est sur la notion de réserve héréditaire. Lorsque la succession de votre mère s’enclenchera après décès, chacun de ses héritiers devra recevoir ce qui lui revient de droit. Ainsi, pour que la donation de la maison à rénover ne vous soit pas remise en cause lors de ce moment, vos parents doivent veiller à ce qu’aucun de leurs enfants ne soit défavorisé. Ainsi, dit plus simplement, au sein de tout le patrimoine entrant dans la succession, il faudra que les héritiers reçoivent une équivalence en valeur de la maison que vous avez reçue.

      Pour plus de clarté, nous vous invitons à consulter un notaire. Il saura vous conseiller avec la plus grande des précisions.

      Très cordialement,

Julie François

Rédactrice spécialisée en gestion de patrimoine, économie, finances

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