Épargne : le PER a explosé tous les compteurs en 2025

Publié le 27 Mai 2026

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Thématique : Actualités

Rédigé par Maëva FLORICOURT

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Bercy n’a pas tardé à mettre le chiffre en avant. Le 17 mai dernier, le ministère de l’Économie a officialisé un nouveau record : les encours du Plan épargne retraite atteignent 150,4 milliards d’euros au 31 décembre 2025, contre environ 124 milliards un an plus tôt. Une progression de 20 % sur un an et de 46 % depuis 2024. Lancé en 2019 par la loi Pacte, le PER s’impose désormais comme un réflexe pour des actifs de plus en plus jeunes, soucieux de prendre les devants face à un système de retraite jugé fragile.

L’essentiel

  • Les encours du PER atteignent 150,4 milliards € fin 2025, en hausse de 20 % sur un an.
  • Près de 13 millions de Français détiennent désormais un Plan épargne retraite.
  • L’avantage fiscal à l’entrée séduit particulièrement les cadres imposés à 30 % ou plus.
  • Pour rappel, la loi de finances 2026 stoppe la déductibilité des versements après 70 ans.

L’angoisse de la retraite, principal moteur du succès du PER

Ces chiffres, publiés par Bercy le 17 mai dans un communiqué officiel1, confirment une dynamique amorcée depuis 2020 et qui ne se dément pas. Toutes les déclinaisons du PER enregistrent une croissance marquée, mais à des rythmes différents. Le PER individuel concentre à lui seul près de 60 % des encours, signe que les particuliers se sont massivement emparés du dispositif.

Type de PEREncours fin 2025Évolution sur un an
PER individuel88,5 milliards €+21 %
PER collectif (entreprise)33,86 milliards €+22 %
PER obligatoire (entreprise)28,04 milliards €+13 %
Total150,4 milliards €+20 %

Difficile de comprendre cet engouement sans le replacer dans son contexte. Les Français sont globalement inquiets face aux incertitudes qui pèsent sur le système de retraite par répartition et cette anxiété alimente directement le succès du dispositif. Selon un sondage Ipsos BVA publié en février2, 86 % des Français s’inquiètent de l’impact de la dette et du budget de l’État sur l’avenir du système de financement des retraites. Plus préoccupant encore, 72 % des moins de 35 ans n’ont plus confiance dans le système français pour leur assurer une retraite correcte, soit une hausse de 12 points en un an. Dans ce climat, la préparation de la retraite est devenue la deuxième motivation d’épargne des Français, juste derrière la constitution d’une épargne de précaution. 

Un avantage fiscal taillé pour les hauts revenus

Si le PER cartonne, c’est avant tout grâce à son levier fiscal. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable. Et plus le contribuable est dans une tranche d’imposition élevée, plus l’économie réalisée est significative. Voici l’effet d’un versement de 10 000 € selon la tranche marginale d’imposition.

Tranche marginale d’impositionÉconomie d’impôt
11 %1 100 €
30 %3 000 €
41 %4 100 €
45 %4 500 €

En 2026, le plafond de déduction pour les salariés est compris entre4 710 € et 37 680 €. Pour les travailleurs non salariés, il peut grimper jusqu’à 88 911 €. Mécaniquement, le PER s’adresse en priorité aux cadres et aux revenus élevés, même si le profil des épargnants tend à se rajeunir, certains actifs ouvrent un plan dès la trentaine.

Ce que change la loi de finances 2026

Les épargnants doivent composer avec plusieurs évolutions récentes du cadre fiscal. Trois mesures du PLF 2026 méritent d’être connues avant toute souscription.

  • D’abord, les prélèvements sociaux ont augmenté de 1,4 point, passant de 17,2 % à 18,6 % et la flat tax atteint désormais 31,4 %. 
  • Ensuite, la déductibilité des versements s’arrête désormais à 70 ans. 
  • Enfin, bonne nouvelle pour les épargnants : le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans pour les droits nés à partir de 2026.

PER ou assurance-vie : le match des deux favoris

Malgré sa croissance fulgurante, le PER reste loin du poids lourd de l’épargne française. L’assurance-vie affichait 2 107 milliards d’€ d’encours fin 2025, soit près de quatorze fois plus que le PER.

CritèrePERAssurance-vie
Encours fin 2025150,4 milliards €2 107 milliards €
Avantage fiscalDéduction à l’entréeAbattement après 8 ans
DisponibilitéBloqué jusqu’à la retraiteDisponible à tout moment
SortieCapital, rente ou mixteRachats libres
Prélèvements sociaux18,6 %17,2 %

Le PER mise sur la fiscalité à l’entrée et un horizon long, là où l’assurance-vie privilégie la souplesse. À noter que la hausse de la CSG instaurée par la loi de finances 2026 s’applique au PER mais pas à l’assurance-vie, ce qui constitue un nouvel avantage compétitif pour le placement préféré des Français. Beaucoup d’épargnants finissent d’ailleurs par cumuler les deux enveloppes, chacune jouant un rôle complémentaire dans la stratégie patrimoniale.

Les pièges à éviter avant de souscrire

Le succès du dispositif ne doit pas faire oublier ses zones d’ombre. 

  • Premier point d’attention : les frais. Sur un horizon de vingt ou trente ans, frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage grignotent significativement la performance et méritent d’être négociés.
  • Deuxième point : la fiscalité à la sortie. Si le capital est récupéré en une seule fois, il est réintégré au revenu imposable et peut faire basculer l’épargnant dans une tranche supérieure. Étaler les retraits sur plusieurs années permet de lisser l’impact.
  • Troisième point : la part de non coté. Depuis la loi Industrie verte de 2023, les PER à gestion pilotée intègrent automatiquement une fraction d’actifs non cotés en Bourse, comme la dette privée ou le capital investissement. Ces placements, censés financer l’économie réelle, exposent toutefois les épargnants à des risques de liquidité et de performance.
  • Enfin, l’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas exceptionnels : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement ou cessation d’activité après liquidation judiciaire.

Avec près de 13 millions de titulaires, le PER s’impose comme un pilier de l’épargne longue en France. Mais loin d’être un placement universel, il trouve toute sa puissance lorsqu’il s’inscrit dans une approche patrimoniale globale, où chaque enveloppe (assurance-vie, PEA, immobilier) joue un rôle complémentaire selon le profil et l’horizon de l’épargnant.

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Maëva FLORICOURT

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