Le pavillon à la française : l’idéal résidentiel à réinventer

Publié le 23 Juin 2023

horloge Lecture de 3 min.

Thématique : Actualités

Rédigé par Maeva FLORICOURT

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Le pavillon à la française, on l’aime ou on le déteste. S’il reste un idéal pour une majorité des Français, ce modèle de construction est aussi grandement décrié. Appauvrissement des terres agricoles, cause d’endettement des ménages, anti planète verte, le pavillon ne fait pas l’unanimité. Alors, si la fin du pavillon n’est pas envisageable, comment l’adapter aux nouveaux enjeux économiques, sociétaux et environnementaux ?

Une construction politique et économique

Le modèle pavillonnaire sort de terre après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing, au milieu des années 70. Son objectif est simple : permettre à tous les ménages d’accéder à la propriété. On le retrouve principalement en périphérie des villes, éloigné des commerces, des écoles et des entreprises, faisant donc de la voiture, un allié indispensable au quotidien.

À l’instar du modèle américain, des maisons individuelles poussent partout sur le territoire français et, contrairement à d’autres modèles (anglais ou allemand) où la mitoyenneté est de mise, elles sont entourées d’un jardin. Plus que la promesse d’un environnement sécurisant, le recours au modèle pavillonnaire est incité par les pouvoirs publics et notamment par la mise en place du prêt à taux zéro

Ce dispositif est le premier d’une longue liste à aider les classes moyennes et populaires à accéder à la propriété. Quelques chiffres à l’appui : 

  • Selon l’OCDE, en 2020, 62 % des Français sont propriétaires de leur résidence principale ;
  • 79 % des ménages sont propriétaires d’une maison selon le ministère de la Transition  écologique.

Or, ces dernières années, la tendance s’inverse aux yeux des gouvernements.

« Il faut en finir avec la maison individuelle. »

Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, en 2021

Une tendance du retour au vert finalement contre-productive ?

Deux poids deux mesures. Se rapprocher de la nature, voilà l’un des objectifs des ménages français en prenant d’assaut les pavillons et notamment après la dernière crise sanitaire. Face à eux, les détracteurs du lotissement qui lui reprochent de piétiner les terres agricoles et d’enlaidir le paysage rural.

Un impact environnemental de plus en plus critiqué

« C’est un urbanisme totalement tourné vers la voiture.»

Christine Leconte, présidente de l’Ordre des architectes

En effet, la conséquence de ce modèle d’urbanisme est la parcellisation des zones avec les entreprises d’une part, les commerces de l’autre et enfin les lieux de vie. À l’ère de la décarbonation, ce modèle tombe en désamour face à des politiques qui donnent le ton et notamment avec le zéro artificialisation nette, voté par le Parlement en 2021.

Ce projet de loi vise à limiter les sols artificialisés, c’est-à-dire les constructions sur des surfaces agricoles, forestières ou naturelles. Les objectifs de ce projet sont les suivants :  

  • La réduction de 50 % de l’artificialisation des sols entre la décennie 2011-2021 et la décennie 2021-2031;
  • Aucune nouvelle artificialisation non compensée d’ici 2050.

À cette date, il sera obligatoire de compenser toute nouvelle surface artificielle par la « renaturation » d’une autre surface. Cette mesure vise également à lutter contre l’étalement urbain qui tend à favoriser une utilisation économe des espaces.

50 %

Objectif de réduction des sols artificialisés d’ici 2031

Le pavillon à la française 2.0

Le pavillon se confronte ainsi à une difficulté conjoncturelle : la transition écologique. Pourtant, le modèle n’est pas prêt à tirer sa révérence. Une évolution est, en revanche, de mise s’il veut entrer dans la course de la lutte contre le réchauffement climatique.

« L’une des clés est la densification des zones périurbaines. »

Christine Leconte, présidente de l’Ordre des architectes

Le pavillon 2.0 est finalement celui qui s’intégrera dans le tissu urbain et sortira du tout-voiture. Transformer les zones pavillonnaires en véritables lieux de vie apparaît comme une solution idéale. Reste la question du comment. Les élus appellent à la redynamisation des territoires ruraux, par exemple par l’implantation de commerces multiservices. Dans la même veine, un plan de reconquête du commerce en zone rurale a récemment été lancé. Il prévoit une enveloppe de 12 millions d’euros pour 2023-2024 pour soutenir la création de commerces ruraux. Puis, penser à un désenclavement et notamment par le développement des transports en commun, rendrait assurément certaines zones plus attractives.

Même si la maison individuelle reste en tête de liste des aspirations, les besoins quant à eux changent peu à peu. Les jeunes ménages n’ont pas forcément besoin d’un jardin aussi grand que celui de leurs parents. La mitoyenneté n’est plus systématiquement un frein et être éloigné du centre-ville n’est pas forcément un souhait. Les graines du discours écologique laissent apparaître ses premières boutures. Reste à voir si l’envie de ville à la campagne va y résister.

En résumé

  • Le modèle pavillonnaire est né dans les 70 et son principal objectif est d’élargir à tous les ménages l’accession à la propriété ;
  • En l’état, il ne répond pas aux objectifs de transition écologique prévus par les décideurs politiques ;
  • Le pavillon doit se réinventer pour s’adapter au nouveau paysage économique et environnemental, notamment en s’intégrant dans le tissu urbain.

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Maeva FLORICOURT

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