Crédit immobilier : l’année se termine en beauté

Publié le 23 Déc 2020

horloge Lecture de 3 min.

Rédigé par Jean-Baptiste Da Mota

Thématique : Crédit

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Pour le cinquième mois consécutif, le taux moyen des nouveaux crédits accordés est en baisse, selon l’Observatoire du Crédit Logement et affiche 1.20 % pour novembre. Une valeur qui s’approche un peu plus des taux d’intérêt affichés en début d’année avant la crise sanitaire liée au Covid-19.

Le taux moyen des nouveaux crédits recule encore

Pour soutenir la demande de crédits en cette fin d’année un peu particulière, les banques améliorent les conditions d’octroi. À cette bonne nouvelle pour les emprunteurs s’ajoute un taux moyen en constant recul. Certes, la baisse n’est pas spectaculaire puisque le taux moyen du mois de novembre 2020 affiche 1.20 %, contre 1.21 % au mois d’octobre, selon les chiffres publiés par l’Observatoire Crédit Logement. Toutefois, il faut savoir remettre ces chiffres dans leur contexte pour mesurer l’évolution.

1.20 %

C’est le taux moyen de crédit affiché au mois de novembre. Source : Observatoire Crédit Logement/CSA.

Selon l’Observatoire du Crédit Logement, le taux moyen a perdu 10 points de base depuis le mois de juin pour les crédits sur 15 ans, et de 15 points pour les emprunts à 20 et 25 ans. Ainsi, la seconde vague de l’épidémie de Covid-19 et les difficultés économiques n’ont pas impacté directement l’évolution des taux d’intérêt. La Banque Centrale Européenne (BCE) l’a martelé depuis le mois de mars : les taux d’intérêt seront maintenus. En décembre, le montant global du plan d’achats d’urgence face à la pandémie se chiffre ainsi à 1 850 milliards €. La politique de soutien de l’économie menée par la BCE a joué un rôle majeur dans le maintien de taux bas en cette période inédite et de l’activité des marchés du crédit.

En moyenne, les emprunteurs peuvent donc espérer obtenir un taux à 0.90 % sur 15 ans, 1.10 % sur 20 ans et 1.35 % sur 25 ans. Les excellents dossiers auront la bonne surprise de se voir proposer des taux inférieurs à 1 %. On peut envisager 0.65 % sur 15 ans, 0.80 % sur 20 ans et 1 % sur 25 ans. Des conditions d’emprunt excellentes pour une poignée de candidats.

La durée d’emprunt s’allonge

« Malgré le renforcement de la crise économique et sociale et la montée des risques de défaut d’une partie des emprunteurs, les banques continuent à améliorer les conditions des crédits octroyés, afin de soutenir la demande de crédits immobiliers des particuliers sur des marchés fragilisés par deux périodes de confinement », indique l’Observatoire du Crédit Logement dans son dernier rapport. Ainsi, face à des prix de l’immobilier qui continuent d’augmenter dans certaines zones, malgré le contexte actuel, les emprunteurs, soutenus par les établissements bancaires, choisissent de diluer cette hausse dans le temps. La durée d’emprunt s’est considérablement allongée cette année. De 228 mois d’engagement en moyenne en janvier 2020, les Français empruntent aujourd’hui sur 233 mois. C’est le niveau le plus élevé jamais constaté.

Cette évolution s’explique également par l’application stricte des recommandations du Haut Conseil de Sécurité Financière (HCSF) par les établissements bancaires. En effet, le respect de la règle d’un taux d’effort inférieur à 33 % oblige les banques à étaler davantage dans le temps les remboursements de ses emprunteurs. L’Observatoire Crédit Logement souligne que  » la structure de la production continue de se déformer et la proportion des prêts les plus courts (15 ans et moins) ne représente plus que 16.8 % de la production, soit moitié moins que dans la première moitié des années 2010″. Si une amélioration des conditions d’octroi de crédit est à noter, l’examen des dossiers reste strict et le second confinement a affecté les conditions de réalisation des projets immobiliers des ménages et provoqué l’abandon d’opérations envisagées.

La prudence reste de mise

En dépit de l’augmentation des revenus moyens des nouveaux ménages entrant sur le marché, l’activité recule. On note une chute de 18 % du nombre de crédits accordés par rapport à la même période l’an dernier (sur 11 mois glissants). Selon les experts, la reprise a été bridée par le durcissement des conditions d’octroi des prêts voulu par les autorités de contrôle bancaire auquel est venu s’ajouter le second confinement.

De plus, les établissements prêteurs prennent davantage de précautions avant de donner leur feu vert à un prêt immobilier. Les projections de l’évolution de l’économie française indiquent que la crise ne se terminera pas avec l’année 2020. Face aux éventuels risques de défaut de paiement des emprunteurs pour l’année à venir, les banques prennent les devants et se protègent. Ainsi, certaines ont déjà réhaussé les seuils de certains critères, comme le « reste à vivre » ou encore l’épargne de précaution. Gonfler son apport personnel en piochant dans son épargne ne suffit plus à obtenir un crédit immobilier aujourd’hui. Si le coût du crédit immobilier reste bas pour les emprunteurs, le prix à payer pour le décrocher n’est pas des moindres.

En résumé

  • Pour le cinquième mois consécutif, le taux moyen est en recul. Il s’affiche à 1.20 %.
  • L’année 2020 est marquée par un allongement conséquent de la durée d’emprunt. Ce phénomène s’explique par des facteurs conjoncturels et structurels.
  • Malgré une amélioration des conditions d’octroi, la demande de crédits immobiliers est en nette baisse ces derniers mois. Il faut noter que les recommandations de la HCSF sont toujours appliquées à la lettre par les établissements bancaires qui redoublent de prudence étant donné le contexte économique actuel.

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Jean-Baptiste Da Mota

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