L’actif forestier, cet outil de défiscalisation méconnu

Publié le 20 Juin 2020

horloge Lecture de 4 min.

Rédigé par Augustin Bertucat

Thématique : Placements financiers

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Souvent considéré comme un placement plaisir, la forêt est un placement financier qui suscite l’intérêt de nombreux investisseurs et pour cause, outil de défiscalisation, le succès est telle que l’offre est rare. Zoom sur un actif financier convoité.

L’arbre qui cache la forêt…

Investir dans une forêt n’est pas une idée saugrenue de nouvel « écolo ». Il s’agit d’un véritable placement qui a fait ses preuves. À tel point, d’ailleurs, que l’on observe une pénurie de l’offre suite à l’engouement des investisseurs. De fait, la forêt comme actif est loin de servir à appliquer le discours de préservation des espaces naturels. Il est possible d’investir dans une forêt en direct ou via un groupement forestier, géré par une société de gestion agréée par l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Les forêts recherchées par les investisseurs sont, évidemment, celles qui permettent d’assurer un rendement. On retrouve alors en tête de liste les forêts de production et de chasse. Les revenus sont issus des coupes de bois et des baux de chasse. Bien qu’ils varient d’une région à l’autre, les rendements ne sont pas très élevés, autour de 2 % par an, à moins de posséder de très grandes surfaces. Les forêts restent prisées pour leur potentiel de valorisation. En moyenne, sur ces 20 dernières années, le prix de l’hectare de forêt a progressé de plus 3,5 % par an, selon les chiffres de la Société forestière (CDC).

4 190 €

C’est le prix d’un hectare de forêt en 2019, selon les derniers chiffres de la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FnSafer). Un prix en léger recul par rapport aux années précédentes, mais associés à une augmentation du volume de transactions.

Grande ou petite forêt ?

Autre point important : la diversité des « produits ». Le prix maximal est 20 fois plus élevé que le prix minimal en 2019. Autrement dit, en fonction de la surface, de la localisation ou encore de la qualité des essences, les variations de prix et de rendement sont très grandes. Parmi les plus convoitées, on retrouve évidemment les forêts dont le bois est utilisé par le marché de la transformation comme le chêne ou le pin Douglas.

En règle générale, les forêts de production deviennent intéressantes pour un investisseur s’il possède plusieurs dizaines d’hectares. Ainsi, la rotation de l’exploitation des parcelles lui assure des revenus annuels. En effet, une parcelle forestière ne peut être exploitée que très ponctuellement, en moyenne une fois tous les 7 ans.

Les massifs de plus de 100 hectares se font rares sur le marché, malgré la demande croissante composée de particuliers et de groupements agricoles et forestiers. De nouveaux investisseurs comme les banques, les institutionnels et les assureurs ont fait leur apparition sur le marché depuis une dizaine d’années.

Les petites surfaces ont perdu de leur intérêt pour la bonne raison que l’exploitation du bois y est très limitée. Il s’agit donc de forêts souvent dédiées à la chasse. Bien que cette activité perdure, les revenus qu’elle génère pour l’investisseur ne sont pas à la hauteur des charges.

Forêt : quels avantages fiscaux ?

L’un des principaux avantages de ce type de placement réside dans sa fiscalité. La forêt est un outil de défiscalisation considérable, mais peu mis en avant. En effet, l’investissement forestier permet de bénéficier d’un avantage fiscal sur l’impôt sur le revenu (IR) ou/et sur l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). L’investisseur peut cumuler les deux avantages fiscaux s’il est imposable à l’IFI.

Les réductions d’impôt liés à un investissement forestier

Type d’investissementRéduction d’impôt
IRAcquisition directe de forêts, de terrains
en nature de bois ou à boiser
18 %
dans la limite de 5 700 € de dépenses
prises en compte par personne
Parts dans un groupement foncier forestier (GFF),
une société d’épargne forestière (SEF), ou un groupement
d’intérêt économique environnemental et forestier (GIEEF)
Les cotisations d’assurance qui couvrent le risque de tempête76 %
dans la limite de 6 250 € de dépenses prises
en compte par personne
Travaux forestiers
Rémunération d’un gestionnaire forestier professionnel
Soumis au crédit d’impôt
IFITout investissement forestier75 % de la valeur de la forêt
durant toute la durée de sa détention
et en cas de donation ou de succession

Attention, ces avantages fiscaux sont soumis à diverses contraintes. Par exemple, les terrains doivent être détenus pendant 15 ans et il faut impérativement appliquer un plan de gestion agréé par le centre régional de la propriété forestière. S’il s’agit de parts de groupements forestiers, le contribuable doit conserver ses parts jusqu’au 31 décembre de la 8ème année suivant la date de leur souscription ou acquisition. Les réductions d’impôt sont également soumises au plafonnement global des niches fiscales.

Acheter une forêt, est-ce risqué ?

Investir dans une forêt est judicieux si le projet est envisagé sur le long terme et dans le cadre de la diversification de son patrimoine. De ce fait, soyez exigeant quant à la qualité du massif acheté, surtout si vous voulez tirer profit de ce placement. Il est bon de savoir que les forêts, situées dans certaines régions, sont plus exposées aux évènements climatiques ou à certaines maladies. Sachez aussi que les forêts mono-spécifiques sont plus fragiles que les forêts aux espèces hétérogènes. Bref, renseignez-vous avant d’investir pour éviter les mauvaises surprises.

Tout comme un bien immobilier, le dynamisme de la filière région a un impact direct sur la valeur de la forêt. Plus elle est facile et proche d’une grande ville, plus le prix monte. Avant d’acheter, faîtes appel à un expert forestier agréé. Attention, toutefois, acheter un massif forestier n’est pas à la portée de toutes les bourses. Comptez un million d’euros pour une forêt qualitative de 100 hectares. Il ne faut pas oublier que la valorisation des parts est fonction de l’évolution du cours des forêts et de la croissance des arbres, eux-mêmes liés au prix du bois. Pour éviter tout risque, les investissements forestiers ne doivent pas représenter plus de 5 à 10 % du patrimoine global.

En résumé

  • L’investissement forestier est un placement intéressant, car il est, à la fois, valeur refuge et source potentielle de revenus. Mais c’est surtout son potentiel de valorisation qui attire les investisseurs.
  • Les forêts sont diverses, mais les grandes surfaces sont les plus recherchées puisqu’elles permettent de tirer des revenus de l’exploitation du bois. La demande est forte, mais l’offre rare.
  • La fiscalité des investissements forestiers est particulièrement avantageuse et permet de cumuler les réductions d’impôts sur l’IR et l’IFI.
  • Comme tout placement, investir dans une forêt n’est pas sans risque. Toutefois, elle peut trouver sa place, comme investissement plaisir, dans une stratégie patrimoniale de long terme tournée vers la transmission.

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Augustin Bertucat

Conseiller en gestion de patrimoine dans la Région du Sud-Est

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