Comment fonctionne le guichet unique ?
Depuis 2023, toutes les étapes administratives clés de la vie d’une entreprise sont passées au tout-numérique. Création, modification, fermeture, dépôts de documents : le point d’entrée est désormais unique, via le portail e-procédures de l’INPI. En 2026, ce guichet unique est devenu un passage obligé pour la plupart des entrepreneurs, qu’ils lancent une micro-entreprise ou structurent une activité plus complexe.
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Qu’est-ce que le guichet unique ?
Le guichet unique est la plateforme numérique qui centralise les formalités administratives des entreprises. Il sert d’interface entre le déclarant et les organismes compétents qui instruisent, valident ou demandent des compléments. Autrement dit, le portail permet à la place des administrations de collecter les informations, de les transmettre aux organismes compétents, puis de proposer le suivi du traitement de la demande.
Ce guichet unique s’articule avec un autre pilier : le Registre national des entreprises (RNE), devenu le registre légal unique pour les entreprises exerçant une activité économique en France. Les informations transmises lors d’une formalité alimentent le RNE, qui centralise les données d’identification et de situation des entreprises et peut être consulté en ligne.
Cette mise en place s’inscrit dans le cadre de la loi PACTE, avec un objectif de simplification et de modernisation. Elle s’est traduite par la fin :
- Des anciens circuits,
- La réduction des formulaires,
- Et la dématérialisation intégrale d’un grand nombre d’opérations.
À savoir
En 2024, 4,2 millions de formalités d’entreprises ont été réalisées via la plateforme et plus de 20 000 formalités y sont déclarées chaque jour.
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Quels sont ses avantages ?
Le bénéfice le plus visible est la centralisation : un seul portail, une logique de parcours en ligne et un tableau de bord qui permet de retrouver ses démarches. La réforme a également simplifié le paysage administratif : le guichet unique se substitue à des dizaines de formulaires et remplace un maillage d’anciens centres de formalités.
Autre avantage : la traçabilité. Les démarches sont suivies dans un espace personnel, avec des statuts qui évoluent au fil des étapes, notamment la signature, le paiement, l’instruction et, le cas échéant, la demande de régularisation ou le rejet. L’idée est de donner une visibilité plus directe sur l’avancement, même si les délais dépendent des autorités en charge de la validation. Le bilan n’est pas uniquement technique ou ergonomique. En effet, les débuts du dispositif ont mis en lumière les limites d’une plateforme unique :
- Difficultés d’accès pour certains usagers,
- Prise en main parfois complexe,
- Et périodes de ralentissements ou d’incidents ayant pu perturber le dépôt ou la transmission de dossiers.
Autre frein : avec la suppression des guichets locaux, l’accompagnement a été recentré. L’assistance du guichet unique est principalement orientée vers l’usage de la plateforme (connexion, navigation, dépôt de pièces, suivi et signature). Elle n’a pas vocation à conseiller sur les arbitrages structurants du projet, comme la forme juridique, les options fiscales ou l’organisation de l’activité.
Quelles sont les entreprises concernées ?
Le principe est large : toutes les entreprises domiciliées en France ou exerçant une activité en France sont concernées, quelle que soit l’activité (commerciale, artisanale, agricole, indépendante) et quelle que soit la forme (entreprise individuelle, micro-entrepreneur, société). Les entreprises étrangères qui souhaitent exercer une activité en France entrent également dans le champ.
À l’inverse, certaines entités ne relèvent pas du guichet unique lorsqu’elles ne sont pas considérées comme des entreprises au sens du Code de commerce. Selon les cas, cette exception peut viser des situations très spécifiques, par exemple certains particuliers employeurs, des fiducies, des paroisses hors zone concordataire, des assujettis uniques à la TVA, des groupements de droit privé non dotés de la personnalité morale (hors cas particuliers) ou encore des organisations internationales.
Quelles sont les formalités concernées ?
Le guichet unique couvre le cœur des formalités qui rythment la vie d’une entreprise. Il s’agit d’abord des démarches de création, avec l’immatriculation ou la déclaration de début d’activité. Viennent ensuite les modifications destinées à mettre à jour la situation de l’entreprise, par exemple un changement d’adresse, d’activité, de dénomination, de dirigeant ou certaines opérations sur le capital et les statuts. Enfin, la cessation permet d’organiser l’arrêt, définitif ou temporaire, de l’activité.
Le périmètre inclut aussi des dépôts de documents : le dépôt dématérialisé des comptes annuels et, plus largement, le dépôt d’actes, c’est-à-dire des pièces qui justifient la création ou des changements intervenus au cours de la vie de l’entreprise. Certaines démarches restent toutefois hors du guichet unique : la déclaration sociale nominative (DSN), par exemple, continue de s’effectuer via net-entreprises.
Comment créer son compte sur le guichet unique ?
La création de compte se fait sur le portail e-procédures de l’INPI.

Une fois sur la page de connexion, vous choisissez votre mode d’authentification. En 2026, vous pouvez soit passer par INPIConnect, soit utiliser FranceConnect+. INPIConnect correspond à un accès classique avec une adresse e-mail et un mot de passe propres à l’INPI : cette connexion suffit pour accéder à votre espace, retrouver vos dossiers et déposer certaines démarches. En revanche, dès qu’une démarche exige une signature électronique avancée (c’est fréquemment le cas pour des modifications, des cessations ou le dépôt des comptes), la connexion via FranceConnect+ devient la voie la plus directe pour signer en ligne, car elle intègre l’identification renforcée attendue dans le parcours.

Si vous choisissez FranceConnect+, le site vous demande de vous identifier via une identité numérique compatible. Deux parcours peuvent alors se présenter : L’identité Numérique ou France Identité.

Avec L’Identité Numérique La Poste, vous vous identifiez généralement avec votre numéro de mobile, puis vous validez la demande de connexion directement dans l’application que vous aurez téléchargée en amont, avant de confirmer avec votre code secret.

À savoir
Si vous n’avez pas encore d’identité numérique, il faut d’abord la créer. Selon les cas, la vérification d’identité peut passer par un contrôle en bureau de poste ou par un parcours en ligne prévu par le service.
Avec France Identité, la logique est différente : au moment de la connexion, un QR code s’affiche sur l’écran, que vous scannez dans l’application France Identité pour autoriser l’accès. Pour que France Identité fonctionne avec FranceConnect+ sur des démarches sensibles, votre identité numérique doit être certifiée. Cette certification se fait via un passage dans une mairie équipée du dispositif nécessaire pour réaliser la certification France Identité.
À savoir
Cette certification peut, par exemple, être réalisée au moment où vous récupérez votre carte d’identité en mairie, lorsque la commune propose ce service.

À savoir
Lors de votre première connexion via FranceConnect+, le portail peut vous demander de relier FranceConnect+ à un compte INPIConnect. Cette fusion est annoncée comme irréversible.
Après cette étape, votre espace est opérationnel : vous pouvez démarrer une formalité, déposer des pièces justificatives, suivre l’avancement dans le tableau de bord, puis signer et payer lorsque le parcours le demande.

Enfin, en cas de blocage technique majeur empêchant réellement le dépôt sur la plateforme, une procédure de secours existe depuis 2025 : un récépissé daté peut servir à faire reconnaître la date de dépôt. Lorsque la difficulté est résolue, la formalité doit être finalisée dans le délai prévu, en joignant le récépissé, afin que la date portée sur ce document soit retenue comme date de dépôt.
FAQ
À quoi correspondait le CFE ?
Les CFE, Centres de formalités des entreprises, constituaient l’ancien système de guichets où transitaient les formalités, selon l’activité et la structure. Ils étaient organisés en réseaux gérés par différents acteurs, notamment les chambres consulaires, les greffes, la DGFiP ou l’Urssaf, avec des circuits qui variaient selon les cas. Le guichet unique a été conçu pour remplacer ces réseaux et leurs portails, en imposant un point d’entrée unique en ligne.
Peut-on réaliser une cession d’entreprise via le guichet unique ?
Le guichet unique ne remplace pas l’acte de cession lui-même, qui relève d’abord de la signature d’un acte entre parties et, selon la nature de l’opération, de formalités spécifiques (enregistrement fiscal, publicités, etc.). En revanche, il sert de point de passage pour les formalités qui découlent d’une cession et qui modifient la situation de l’entreprise : mise à jour des informations, dépôts d’actes, dépôts de pièces, voire démarches de cessation pour le cédant ou d’immatriculation pour le repreneur selon le scénario. Autrement dit, la plateforme intervient surtout sur la partie registre et mise à jour qui suit l’opération.
Qui contacter en cas de difficultés dans les démarches ?
L’INPI met à disposition des outils d’aide (documentation, tutoriels et support). En cas de difficulté, le service Inpi Direct est accessible par téléphone. Un formulaire de contact est également à disposition. Les chambres consulaires (CCI et CMA) et certains réseaux d’accompagnement peuvent également orienter les entrepreneurs sur les démarches, notamment lorsque la question porte sur des choix structurants et non sur la partie technique.
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