Impôts : plus taxés en France que dans les autres pays d’Europe ?

Publié le 19 Avr 2023

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Thématique : Actualités

Rédigé par Emilie Gardes

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La France est souvent considérée comme le pays européen appliquant les plus fortes taxations sur ses concitoyens. À tord. Depuis 2016, la pression fiscale s’est relâchée dans l’Hexagone. Les prélèvements opérés sur la valeur travail ont reculé, tandis que les impôts sur le capital et la consommation ont modérément augmenté.

Premier quinquennat Macron : une pression fiscale adoucie ?

Alors que la « saison des impôts » vient de s’ouvrir en France, Fipeco s’est intéressé aux données fiscales du pays sur la période 2016-2021. Le site d’informations, exclusivement dédié aux finances publiques, a cherché à découvrir si les Français payaient réellement plus d’impôt que leurs voisins européens. En effet, il semble, de croyance populaire, que de juger la France comme un des États les plus percepteurs de taxes au sein de l’UE. Mais est-ce la vérité ?

Pour le vérifier, Fipeco s’est procuré les statistiques annuelles de la Commission européenne, de l’année 2016 et de l’année 2021, afin d’identifier les évolutions pour tous les pays européens. Pour le cas français, il convient de reconnaître que le taux de prélèvement des impôts obligatoires se révèle assez élevé. En 2021, il représentait pas moins de 45,1 % du PIB français. Globalisé, celui de l’Union Européenne se situait à 40,7 %. Et celui de l’Allemagne, réputé haut également, n’atteignait que 41,1 %.

Toutefois, un élément d’importance doit être apprécié. Sur la période 2016-2021, pendant que la pression fiscale se resserrait en Europe (+ 1 %) et en territoire germanique (+ 1,9 %), celle en France s’est relâchée (- 0,6 %). Une imposition en recul, impulsée par la réforme de la fiscalité engagée par Emmanuel Macron lors de son premier mandat à l’Elysée.

2016-2021 : les réformes fiscales d’Emmanuel Macron

Lors de son premier quinquennat, le Président de la République Emmanuel Macron a permis aux particuliers et aux entreprises d’économiser 60 milliards d’euros de taxes par an. Voici dans le détail les impôts qui ont été concernés par une refonte ou une suppression :

  • 2018 : remplacement de l’ISF (impôt sur la fortune) par l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) ;
  • 2018 : mise en place du PFU (prélèvement forfaitaire unique) de 30 %, appliqué à l’épargne et aux revenus des capitaux mobiliers (dividendes, plus-values, intérêts,…). Le PFU est également surnommé « flat tax » ;
  • 2018 : hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) sur les revenus d’activité et ceux du capital (9,2 %), ainsi que sur les pensions d’invalidité et de retraite (8,3 %) ;
  • 2018-2022 : réduction graduelle de l’impôt sur les sociétés (IS) de 33,33 % à 25 % ;
  • 2018-2022 : suppression progressive de la taxe d’habitation sur la résidence principale ;
  • 2019 : rétablissement de la défiscalisation des heures complémentaires et supplémentaires ;
  • 2020 : baisse du taux d’imposition à partir de la 2e tranche du barème progressif de l’IR (impôt sur le revenu).

Impôts : les prélèvements obligatoires globalement en baisse

Comme précisé précédemment, le taux de prélèvement des impôts obligatoires en France a baissé de 0,6 points en 5 ans. Mais cela ne signifie pas que toutes les taxes ont diminué dans l’Hexagone. Elles ont évolué différemment en fonction de leur typologie : travail, capital et consommation.

Réduction des ponctions sur les revenus du travail

En 2021, les impôts prélevés sur les revenus de travail accaparaient 22,9 % du PIB en France (24 % en 2016), contre 20,8 % dans la zone euro et 20,6 % dans l’Union Européenne. Mais l’Hexagone ne fait pas nécessairement office de mauvais élève par rapport aux autres États membres. Depuis 2016, il a même dégringolé de la 2e à la 5e place européenne des pays les plus taxés sur la rémunération professionnelle. La France se positionne désormais derrière la Suède et l’Allemagne (23 %).

Le recul de l’Hexagone au sein du classement européen est justifié par deux facteurs : le remplacement de certaines cotisations salariales par la CSG et la substitution du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) par une réduction de plusieurs cotisations patronales.

Toutefois, il est à relever que la France s’illustre sur la part à la charge de l’employeur dans ces prélèvements obligatoires sur le travail. Sur ce poste, elle rafle la 1ère place de l’Europe avec une proportion de 12,2 % de son PIB. Arrivent ensuite la Suède (11,6 %), l’Italie (9,9 %), l’Espagne (9,9 %), la Zone euro (8,6 %), l’Union européenne (8,2 %), la Belgique (7,8 %), puis l’Allemagne (7,1 %).

Augmentation modérée des taxes sur le capital

Sur le plan des taxes prélevées sur le capital, l’Hexagone atteste d’impôts en hausse. Ils représentaient 10,3 % en 2016 et ont très modérément grimpé à 10,5 % en 2021. En outre, la France se place au dessus de la Zone euro (8,8 % en 2021) et de l’Union Européenne (8,5 %).

« Malgré les réformes fiscales (remplacement de l’ISF par l’IFI, baisse du taux de l’IS, prélèvement forfaitaire unique sur les revenus des placements financiers…), les prélèvements sur le capital ont augmenté en France de 2016 à 2021, sous l’effet par exemple d’une hausse des recettes publiques issues des impôts sur l’immobilier (+ 7,8 Md€ pour les droits de mutation à titre onéreux) et des droits sur les successions et donations (+ 6,2 Md€) ».

Fipeco

Ainsi, de 2016 à 2021, la France est descendue de la 1ère à la 3e marche du podium. Elle se classe désormais derrière deux places financières majeures : le Luxembourg (11,5 %) et la Belgique (10,6 %).

Légère hausse des taxes sur la consommation

Enfin, sur le poste des impôts liés à la consommation, l’Hexagone témoigne également d’une légère progression. Les prélèvements obligatoires passent de 11,4 % en 2016 à 11,7 % en 2021. La France est une fois de plus au-delà de l’Union Européenne (11,2 % en 2021) et de la Zone euro (10,9 % en 2021).

L’Hexagone n’en est pas pour autant le pays qui taxe le plus les produits de consommation. Le pays se positionne au 17e rang en 2021 (16e place en 2016) derrière la Suède, la Pologne et les Pays-Bas.

Les Français, gagnants ou perdants des réformes fiscales Macron ?

En totalité, la grande réforme de la fiscalité initiée par Emmanuel Macron aura permis aux contribuables d’économiser 26 milliards d’euros d’impôts entre 2017 et 2022. Il en a été de même pour les entreprises tricolores. Mais tous les Français n’ont pas bénéficié de cet allègement de la pression fiscale. Selon l’analyse de l’Institut des politiques publiques (IPP), ce sont surtout les classes moyennes actives qui en ont profité. À travers notamment la diminution des cotisations sociales ou la baisse de leur impôt sur le revenu. Les foyers les plus aisés (plus de 20 000 € de rémunération mensuelle) ont été, eux aussi, grandement favorisés par la suppression de l’ISF.

Toutefois, une catégorie de population s’est retrouvée complètement écartée par ces nouvelles politiques : les ménages modestes gagnant moins de 800 € par mois. Un public que le Chef de l’État a pourtant voulu accompagner plus étroitement après la crise des Gilets Jaunes. Ces Français en grande difficulté financière n’auront tiré aucun bienfait de la réduction des impôts dans l’Hexagone.

En résumé

  • En 2021, le poids des impôts obligatoires au sein du PIB français représentait 45,1 % ;
  • Entre 2016 et 2021, sous le coup de réformes engagées par Emmanuel Macron, la pression fiscale s’est allégée dans l’Hexagone ;
  • Les trois postes de prélèvement de taxes obligatoires en France n’ont pas évolué de la même façon en 5 ans : les impôts sur le revenu se sont adoucis, alors que ceux sur le capital et la consommation ont très légèrement augmenté ;
  • Tous les Français n’ont pas tiré profit équitablement de la baisse de la pression fiscale : les plus favorisés ont été les classes moyennes actives et les foyers les plus riches.

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Emilie Gardes

Rédactrice spécialisée en Economie, Finance et Immobilier

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